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Pastoralisme, un héritage vivant

Agriculture
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Eva et son troupeau © Olivier Prohin - PNC

 

 

 

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2026 a été proclamée année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux par les Nations Unies. Une initiative qui vise à mettre en lumière l’importance du pastoralisme pour la sécurité alimentaire, la gestion des milieux naturels et la promotion des pratiques durables. Cette année revêt un enjeu majeur pour le Parc national, le soutien au pastoralisme étant la clé de voûte de la charte de son territoire.

 

 

Des vastes et hauts plateaux calcaires steppiques des Causses, pourfendus de gorges profondes aux dômes granitiques, tapissés d’herbes et de landes rases des monts Lozère et Aigoual, en passant par les pentes escarpées aménagées en terrasses dans les vallées cévenoles, cette formidable variété de paysages façonnés depuis des millénaires par l’humain et ses troupeaux, constitue un ensemble culturel vivant : celui de l’agropastoralisme méditerranéen. Un patrimoine inscrit depuis 2011 sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.


D’une superficie de 3 000 km² pour la zone inscrite et autant pour la zone tampon, le Bien s’étend sur 4 départements : la Lozère, l’Aveyron, le Gard et l’Hérault. Sa gestion a été confiée par l’État à l’Entente interdépartementale des Causses et des Cévennes, collectivité territoriale créée en 2012, administrée et financée par les 4 départements parties prenantes. Le Parc national, dont le territoire représente 71 % de la zone inscrite, est co-gestionnaire, comme le Parc naturel régional des Grands Causses ainsi que les Grands Sites de France.


En lien avec le Préfet coordonnateur et de nombreux partenaires, l’Entente a pour mission d’assurer la gestion et la préservation du Bien et de sa Valeur Universelle Exceptionnelle. « Elle met en application le plan de gestion du Bien, qui propose aux acteurs socio-professionnels, institutionnels, habitants… de se rassembler autour d’un projet de territoire tourné vers l'agropastoralisme, et de recréer du lien entre le territoire, la production, le patrimoine et les paysages », explique sa directrice, Ségolène Dubois.

 

Un pastoralisme majoritairement sédentaire

 

Le pastoralisme est un mode d’élevage extensif utilisant les ressources spontanées pour le pâturage. Ces ressources variant selon l’altitude et les saisons, l’éleveur, l’éleveuse ou le berger, la bergère, s’adapte à leur disponibilité pour répondre au mieux aux besoins du troupeau. L’agropastoralisme est une forme de pastoralisme sédentaire ou transhumant qui associe l’élevage des troupeaux sur des parcours et la production de foin et de céréales pour leur alimentation.


Sur le territoire du Parc national, 1083 exploitations entretiennent 80 000 ha de surfaces agricoles (un tiers de la surface du Parc) dont 87 % sont des zones pastorales (végétations spontanées). Chaque été, environ 20 000 animaux transhument vers les estives en empruntant un vaste réseau de drailles. Ces déplacements sont organisés collectivement par les éleveurs et éleveuses, réunis au sein de 18 groupements pastoraux sur le territoire du Parc. Les estives représentent ainsi près de 13 % des surfaces pastorales.


Le pastoralisme sédentaire reste la pratique majoritaire sur le territoire, et il suit l’évolution observée au niveau national depuis plusieurs dizaines d’années : la diminution du nombre d’actifs et d’exploitations, l’agrandissement des surfaces moyennes et de la taille des cheptels par exploitation ainsi que la réduction du pâturage au profit des ressources stockées.
Par exemple, sur le causse Méjean, « depuis plusieurs décennies la tendance qui s’observe est celle de l’abandon des pratiques les plus pastorales pour tendre vers des conduites qui reposent sur un affouragement, avec des animaux qui passent de plus en plus de temps en bâtiment », note Léon Hérissé, étudiant en Master 2 Agroécologie à AgroParisTech. Une simplification des pratiques qui s’accentue au fil des années en raison du changement climatique et de la prédation lupine (voir le numéro 59 - de serres en valats).

 

 

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Berger transhumant sur l'Aigoual © Adrien Majourel - PNC

 

Tour d’horizon

Sur le mont Lozère, l’élevage sédentaire de bovins de race Aubrac pour la viande sur de grandes surfaces (150 – 200 ha) est dominant. Les exploitations en bovin lait, minoritaires, sont concentrées sur le versant nord. C’est sur les parcours des crêtes, que la transhumance des ovins viande est la plus importante : Finiels, l’Hôpital, Bellecoste, l’Aubaret et La Vialasse.

Les vastes hauts plateaux calcaires des causses constituent le berceau de l’élevage des ovins, même si leur nombre a diminué au cours du demi-siècle écoulé. En 2021, l’association Le Méjean recensait 47 élevages, contre 75 dans le milieu des années 70. Depuis plusieurs décennies, ce nombre d’élevages se maintient. Les élevages de brebis allaitantes et laitières se partagent les immenses parcours de pelouses sèches, les exploitations disposant d’importantes surfaces (entre 450 et 500 ha). Les fourrages et les céréales sont cultivés dans les dolines, des cuvettes naturelles. Les ovins lait alimentent la filière Roquefort et la fromagerie Le Fedou à Hyelzas.


Les vallées schisteuses sont étagées en terrasses aménagées par l’humain et cultivées. L’activité agricole et pastorale a régressé au profit de la forêt. Les exploitations de petites tailles ont une production diversifiée : miel, châtaignes, petits fruits et élevage sédentaire de chèvres pour la production du Pélardon en système laitier avec la coopérative de Moissac ou en production fermière, ainsi que des ovins pour la viande. Des brebis transhument sur les versants et crêtes de La Loubière, Fontmort et du Bougès.


Les landes et pelouses d’altitude du Lingas et du sommet de l’Aigoual demeurent liées à l’élevage ovin viande, principalement par la transhumance sur des estives, toutes situées dans le coeur du Parc : lac des Pises, Les Laupies, Camprieu, Massevaques… Comme sur le mont Lozère, la transhumance a été pérennisée par la création de groupements pastoraux, une utilisation collective de l’espace et l’amélioration des conditions de travail des bergers. Dans les vallées, l’élevage de chèvres côtoie les cultures sur terrasses, maraîchères (oignon doux) ou fruitières (pomme).

 

Des produits de qualité

 

Les produits issus de l’agropastoralisme local comme les viandes et les fromages sont réputés et labellisés, notamment en AOC, AOP et IGP reconnaissant ainsi leur qualité en relation avec les modalités d’élevage, les espaces utilisés et les races traditionnelles élevées : Aubrac, Blanche du Massif central, Lacaune, Caussenarde des Guarrigues, Raïole, Rouge du Roussillon, Saanen, Alpine..

 

 

Tous les articles du Grand angle

 

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Cet article est extrait du dernier numéro du magazine du Parc de serres en valats. Son Grand angle est consacré au pastoralisme dans le Parc national.

Vous pouvez le télécharger en cliquant ICI