Parc national des Cévennes
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Les productions végétales

L’agriculture dans le territoire du Parc national est une agriculture de montagne : le climat y est rude, le foncier morcelé et les exploitations éloignés des circuits de distribution. Néanmoins, de nombreuses plantes et variétés se sont adaptées à ces conditions particulières. Les cultivateurs cévenols mettent ainsi à l’honneur les produits et les spécificités locales à travers des exploitations à taille humaine.

 

Les châtaigneraies

 

Dans les Vallées cévenoles, on retrouve près de 35 000 ha de châtaigneraies. Parmi ces surfaces de vergers, 20 000 ha se trouvent dans les bois et 10 000 ha servent de pâturage aux races d’élevage. Une petite proportion est encore utilisée pour produire des fruits soit 2 000 ha, celle-ci génère entre 1 500 à 2 000 tonnes par an. La filière de la châtaigne compte environ 300 producteurs sur le territoire du Parc national.

La culture de la châtaigne fait partie intégrante de l’identité cévenole, elle appartient au patrimoine naturel que culturel. La châtaigneraie a plusieurs fonctions : son miel est particulièrement reconnu, la châtaigne se trouve, elle, dans de nombreux produits locaux comme le pain, les pâtes ou la bière. Actuellement, la châtaigneraie est fragilisée par le réchauffement climatique et les problèmes sanitaires tels que le chancre, le cynips et l’encre.

Les producteurs de châtaignes ont souvent plusieurs activités agricoles en parallèle comme l’apiculture, le maraîchage, l'élevage... Ils vendent leur récolte soit :

  • aux consommateurs en vente directe, ils transforment lui-même (ou collectivement) ses produits
  • à des ateliers de transformation collective qui les changent en farine, en crème ou en confiture. Localement, ces ateliers se nomment entre autres Verfeuille ou Fariborne.
Récolte des châtaignes © Régis Domergue
Châtaignes © Régis Domergue
Séchage des châtaignes © Régis Domergue

Un projet de revalorisation d’une châtaigneraie par l’établissement public est, à l’heure actuelle, en projet.

Une AOP (Appellation d’Origine Protégée) Châtaignes des Cévennes est également en construction. Son principal objectif sera de mettre en valeur les variétés locales de châtaignes.

 

Les vergers de pommes

 

Les pommiers font partis de l'identité du paysage cévenol. Leurs variétés se sont adaptées, grâce à l'Homme, à l'environnement et aux conditions de la moyenne montagne.

Un groupe de producteurs de pommes cévenols met en place une démarche de valorisation des variétés locales et anciennes sous forme de jus. Ils se sont associés sous la marque 100 % Cévennes. Cette marque demande aux agricultures notamment d’adopter des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et de la santé.

Une filière de pommes se développe également autour de l’Altier. Celle-ci est ensuite prise en charge par une coopérative. De même, autour du Vigan, la coopérative Origine Cévennes valorise la pomme Reinette du Vigan, ainsi que plusieurs autres variétés locales qu'ils conduisent en agriculture biologique.

Ferme GAEC d'Ispagnac © Olivier Prohin
Récolte de fruits dans un verger © Régis Domergue
Pomme variété Reinette du Vigan © Marianne Casamance

 

Maraîchage et oignons doux

 

Dans le territoire du Parc, on retrouve surtout des productions maraîchères à petite échelle. De ce fait, les cultivateurs diversifient généralement leurs activités agricoles. Une grande majorité d’entre eux pratiquent l’agriculture biologique et en circuit court. Certains adhèrent même à l’association Nature et Progrès.

Les oignons doux des Cévennes ont obtenu la dénomination AOP (Appellation d’Origine Protégée) depuis octobre 2008. Actuellement, une centaine de producteurs cévenols cultivent ce légume.

Parfaitement adapté aux conditions géographique et climatique du territoire du Parc national, l’oignon doux des Cévennes possède un goût savoureux et ne pique pas.

Les oignons doux sont cultivés sur les terrasses de culture présentes dans la Vallée de l’Hérault, aussi appelées bancels. Leur plantation a notamment permis de les restaurer et de les maintenir. L’oignon doux a également participé à la redynamisation du territoire.

La coopérative Origine Cévennes est le principal lieu de vente des oignons doux des Cévennes.

Jardin à Balazuègnes © Michelle Sabatier
Culture de l'oignon doux des Cévennes, Repiquage des oignons doux chez Olivier Patrinos © Laurette Valleix
Culture de l'oignon doux à Taleyrac © Michelle Sabatier

Le Parc a accompagné les cultivateurs d’oignons doux entre 2014 et 2018 pour mettre en œuvre une expérience visant à faire pousser les légumes sans herbicides.

L’établissement national est également partenaire d’un projet européen avec les producteurs. Ce projet demande aux exploitants de ne plus retrouver des résidus de pesticides dans les légumes et dans l’environnement. Dans ce cadre, le Parc réalise des relevés dans les cours d'eau afin d’analyser la présence ou non de ces résidus dans les échantillons.

 

Plantes à parfum, aromatiques et médicinales

 

Le territoire préservé du Parc national offre une biodiversité locale variée. La cueillette des plantes sauvages et des cultures annexes est ainsi une activité très pratiquée.

Une réglementation spécifique relative à la cueillette des plantes sauvages s’applique en zone du cœur. Elle concerne notamment le volume de collecte et les espèces végétales autorisées à la cueillette.

Les plantes sauvages peuvent être cueillies comme nourriture, pour la confection de tisanes ou encore d’huiles essentielles. Exemples de plantes cueillies : les fleurs de sureau, le pin sylvestre, l’ortie, le genévrier, etc.

À l’instar du GIE Plante Infuse, des structures commercialisent des produits transformés à partir de plantes cueillies localement.