Parc national des Cévennes
-A +A
Share
Le 10/06/2022
Flore
Pour la seconde année consécutive, partez à la découverte de la flore du Parc avec notre garde moniteur Emeric Sulmont ! 
L’occasion de découvrir des espèces remarquables, rares ou indicatrices, à observer avec passion et bienveillance.

 

[ La vallée de la Bournave, prospections sur les nouvelles communes ayant lancé un Atlas de Biodiversité Communal (ABC) du Massif : Ponteils-et-Brésis et St-André-capcèze - 17 mai 2021]

 

Premièrement, nous avons exploré les prairies des alentours de Malafosse en rive gauche de la Cèze (Ponteils et Brésis) qui sont d'ailleurs particulièrement riches entomologiquement parlant avec, entre autres, la Diane (Zerynthia polyxena) un papillon protégé amateur d’Aristoloche, le magnifique Sphinx bourdon (Hemaris tityus) et une cousine de mante religieuse : l’Empuse (Empusa pennata).

 

 

Côté flore vasculaire (végétaux supérieurs à tige, racines et feuilles), on y découvre quelques pieds de Sérapias langue (Serapias lingua) et la Crassule mousse (Crassula tillaea), une sorte de minuscule orpin de couleur rouge qui apprécie les sables tassés et temporairement humides, un habitat qui convient à une hépatique à thalle de couleur vert bleuté : Riccia sorocarpa.

 

crassula_tillaea_malafosse_ponteils.jpg

Crassule Mousse © Emeric Sulmont - Parc national des Cévennes

La remontée de la Bournave nous a permis d’observer des fougères relativement peu communes comme Dryopteris ardechensis, Blechnum spicant, Phegopteris connectilis et Osmunda regalis. Cette dernière atteint d'ailleurs ici sa limite supérieure pour le bassin de la Cèze.

L’Osmonde royale (Osmunda regalis), quant à elle, caractérise les ruisseaux chauds et humides du versant méridional des Cévennes. Il s'agit d'une espèce cosmopolite à tendance subtropicale qui recherche les influences chaudes et humides. En Cévennes, elle est souvent synonyme de ruisseaux au cortège bryologique (la bryologie est une branche de la botanique consacrée à l'étude des bryophytes que l'on nomme vulgairement "mousses") d’influence océanique marqué.

osmunda_regalis_-_1.jpg

Osmonde royale © Emeric Sulmont - Parc national des Cévennes

 

Nous sommes également tombés sur la Limodore avorté (Limodorum abortivum), une orchidée sans chlorophylle évoquant une asperge violette. Elle est plus typique des chênaies sur calcaire mais se retrouve aussi très rarement sur des chênaies vertes schisteuse comme ici.

 

limodorum_abortivum_causse_meujean_-_3.jpg

Limodore avorté © Emeric Sulmont - Parc national des Cévennes

 

Nous explorons ensuite une barre rocheuse dominant la rive gauche de la Bournave qui nous livre une mousse typique de cet habitat : le Racomitrium laineux (Racomitrium lanuginosum), espèce indicatrice des éboulis siliceux et habitat d’intérêt communautaire.

Elle forme de jolis coussinets grisâtres de 10 cm d’épaisseur sur les affleurements rocheux en altitude, ou en versant nord à basse altitude, comme ici :

 

eboulis_ac_racommitrium_pt_de_lallieret_chasseradecs3.jpg
Racommitrium laineux © Emeric Sulmont - Parc national des Cévennes

 

Nous continuons l’exploration des abords de la Bournave, où nous découvrons une autre mousse beaucoup plus rare en Cévennes: le coussinet des bois (Leucobryum glaucum), une espèce à optimum atlantique qui, en Cévennes, se réfugie dans les tourbières ou en forêt acidiphile peu perturbée par l’exploitation forestière, souvent au sein de ravins cévenols escarpés et confinés.

 

leucobryum_glaucum_rau_des_ribes_chamborigaud2.jpg.jpg

Coussinet des bois © Emeric Sulmont - Parc national des Cévennes

 

Au retour nous longeons la route reliant Thomas à Ponteils puis la Granarié et nous découvrons un pied en fruit d’Orchis géant ou Barlie de Robert (Barlia robertiana). [Voir notre article "L'Orchis géant, une orchidée qui se répand au bord des routes"]

Voilà une espèce qui était protégée au début des années 80 et qui, suite à son expansion vers le nord, a été déclassée. Aujourd’hui elle apparaît comme étant une espèce relativement tolérante aux travaux routiers et progresse remarquablement vite le long des autoroutes et des nationales ou encore comme ici le long d’une départementale.

 

zoom_sur_une_inflorescence_dorchis_geant_et_sa_fleur_anthropomorpheweb.jpg

Orchis géant et sa fleur antropomorphe © Emeric Sulmont - Parc national des Cévennes

 

Réputée comme une méditerranéenne stricte, elle aurait depuis peu atteint la région parisienne...

J’espère que vous avez apprécié cette petite balade botaniste !

Au Parc, nous sommes convaincus que c’est en transmettant nos observations et nos découvertes que nous pourrons apprécier ensemble l’extraordinaire biodiversité du territoire. Alors surtout, n’oubliez pas, ces trésors sont fragiles et il est de notre responsabilité à tous de les protéger pour qu’ils puissent continuer à nous émerveiller !

 

[ Prochain épisode : Bramadou ! ]

 

Pour aller plus loin :

 

Les autres épisodes de la série "A la découverte de la flore du Parc" :

Saison 2

Saison 1

 

 

 

Sauf mention contraire, les photos de cet article ont été prises par Emeric Sulmont - Parc national des Cévennes