Parc national des Cévennes
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Le 11/12/2020
Vie du Parc
Plaine du Tarn © Yannick Manche - Parc national des Cévennes
Les Cévennes font partie des territoires les plus arrosés de France. Pourtant au sein de ce même territoire, il existe de fortes disparités pour l’accès à l’eau qui va devenir un enjeu majeur.

Sur le territoire du Parc, plus de 1000 km de cours d'eau permanents permettent de satisfaire les besoins en eau pour les activités domestiques, agricoles et industrielles.

Outre le changement climatique, d'autres facteurs sont à prendre en compte pour prévoir la disponibilité future de la ressource en eau : la hausse du niveau de vie, ses usages, sa gestion et sa gouvernance.

Selon les experts, « d'ici la fin du siècle, dans le territoire du Parc national les débits hivernaux pourraient diminuer de 10 à 15% et les débits estivaux de 30%. Ils ne seraient pas compensés par les précipitations hivernales et printanières ce qui pourrait aboutir à un amenuisement des débits annuels de 25 à 45% d'ici 2070.

 

Pénurie au pied du château d’eau

Au pied du mont Lozère, la commune de Vialas compte 250 à 300 habitants en hiver et atteint les 1500 à 2000 en été.

Située en tête de bassin versant, aussi étonnant que cela puisse paraître, elle a connu des pénuries d'eau durant la période d'étiage en 2017 et 2018. En raison notamment du faible enneigement du plus haut sommet de Lozère ces dernières années, les sources n'ont pu être suffisamment rechargées.

« Les secours ont dû acheminer de l'eau, non potable, dans deux réservoirs. Des bouteilles d'eau ont été distribuées aux habitants», raconte Michel Reydon, maire de la commune et président de la Communauté de Communes des Cévennes au Mont Lozère.

Une situation qui ne s'est pas reproduite l'année suivante puisque la commune a décidé d'interconnecter les réservoirs de la rive gauche du Luech, avec ceux de la rive droite, jusque-là indépendants et de surcroît en tension durant la période estivale. Grâce à un outil informatique, service proposé par le Syndicat Départemental d’Énergie et d’Équipement, la commune peut suivre en temps réel les volumes d'eau entrants et sortants des réservoirs de même que la ressource facturée aux habitants.

Conscients que le changement climatique affectera davantage l'accès à l'eau dans le futur, les élus ont entrepris plusieurs actions. Depuis cinq ans, des travaux de rénovation du réseau d'eau, construit, en partie en 1956, sont en cours afin de limiter les pertes.

Ruisseau de Gourdouze vers Vialas © Guy Grégoire PNC

Trouver d’autres solutions

Sur un terrain acheté à la limite du cœur de Parc, après une étude hydrologique et des premiers résultats d'analyse encourageants, la commune souhaite pouvoir disposer des autorisations afin d'avoir accès à une source supplémentaire, la Millette.

L'occasion pour le maire de rappeler que chaque municipalité doit obligatoirement disposer de l'inventaire de toutes les sources et les forages privés. « Nous en sommes encore loin, et pas seulement à Vialas ».

 

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Béal de Villeneuve © Yannick Manche PNC

 

La commune souhaiterait également pouvoirre mettre en service son réseau de béals.

Abandonné il y a plusieurs décennies en raison de son entretien, le réseau qui irriguait les cultures permettait également d'imbiber les sols et d'alimenterles sources.

Dans le cadre du Projet HydroPop initié par l’école des Mines d’Alès en 2017, des stations de mesure des débits moyens journaliers ont été installées sur une quinzaine de stations en amont des Gardons et de la Cèze pour suivre à terme leur évolution.

De son côté, le Syndicat mixte AB Cèze a lancé une étude afin d'identifier toutes les ressources potentielles du territoire de la Cèze. Bien entendu, la recherche d’autres ressources s’accompagne d’une sensibilisation accrue de la population sur sa gestion au quotidien.

La loi NOTRe, sur l'aménagement du territoire, prévoit le transfert des compétences eau et assainissement, des communes vers les communautés de communes au plus tard au 1er janvier 2026.

Ce sera un challenge pour la communauté de communes des Cévennes au mont Lozère de répondre aux problématiques différentes des vallées concernant l'accès à cette ressource qui vaudra de l'or.

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Béal de Mas Camargues © Yannick Manche PNC

 

Source : De serres en valats - n° 49 - Décembre 2020 - Dossier changement climatique, quel sera le visage du Parc en 2070 ? 

Cet article est extrait du nouveau numéro du magazine du Parc De serres en valats.

Numéro exceptionnel dédié aux 50 ans du Parc, il sera dans les boites aux lettres des habitants du Parc national des Cévennes à partir du 14 décembre.

Il comporte un dossier spécial sur le changement climatique, et son impact sur la biodiversité, la ressource en eau, l'agriculture, la forêt : entre chiffres clé, observation, constat et actions menées, des témoins proposent des pistes d'adaptation pour imaginer l'avenir de notre territoire.

Ce dossier spécial s'adosse sur l'étude d'impact du changement climatique dans le Parc national des Cévennes commandé et financé par l'établissement public du PNC, et réalisé par le GREC-SUD et le RECO (Réseau d'expertise sur les changements climatiques en Occitanie).

Vous retrouverez aussi dans le n° 49 du  magazine toutes vos rubriques habituelles et un focus sur les festivités et la célébration des 50 ans du Parc.

 

  Encore un peu de patience...

  Dans quelques jours, vous le lirez enfin!