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Brame du cerf : récit d’une opération de sensibilisation pour préserver la quiétude des cervidés

Faune
Brame
Le brame est une période sensible pour l'espèce  © Maxence Garde - PNC

 

 

Le 26 septembre, 17 agents de l’Office national des forêts (ONF), de la Fédération départementale des chasseurs du Gard, de l’Office français de la biodiversité (OFB), du Parc national des Cévennes et de la brigade de gendarmerie de Trèves se sont déployés sur le secteur de l’Aigoual dans le cadre d’une opération de sensibilisation du public afin de préserver la quiétude des cerfs en période de rut.

 


Une soirée de fin septembre. Le soleil flirte avec l’horizon sur la plaine du Lingas. Il fait encore chaud pour la saison, mais les prémisses d’une fraîcheur automnale annoncent les premières pluies de la saison. Nous démarrons l’opération à la tombée de la nuit. Dix-sept agents, répartis dans les vallées de la Dourbies et du Bonheur ainsi que sur la plaine du Lingas, se positionnent pour assurer des missions de surveillance et de contrôle.


Cet été caniculaire a laissé la plaine exsangue. Seuls les creux des vallons ou les tourbières préservés par des exclos conservent de l’herbe verte pour les herbivores sauvages de la plaine… C’est là que plusieurs dizaines de personnes attendent et espèrent assister au spectacle de la nature sauvage : le brame du cerf. Cet appel, ce cri profond des cerfs mâles, est l’une des attractions favorites des amateurs d’émotions en ce début d’automne. Le brame attire de plus en plus d’observateurs dans les forêts de l’Aigoual, avec des conséquences non négligeables sur la quiétude des animaux et la sécurité des usagers.

En effet, nombre de passionnés en mal de sensations n’hésitent pas à s’approcher des animaux en train de bramer ou à se positionner sur la plaine, au milieu des places de brame. Ainsi, un groupe d’une dizaine de visiteurs s’est avancé sur un petit sommet, se rapprochant de façon inconsidérée des places de brame. Pendant ce temps, le ballet incessant des voitures sur les pistes, parfois malgré les interdictions, entraîne également de multiples nuisances qui ont pour conséquence de modifier le comportement des animaux.

 

 

Brame
Cyril Rombaut - PNC

 

 

 

 

Une modification du comportement

 

Ainsi, nous ne sommes pas surpris de constater, cette année encore, que les animaux brament sous le couvert de la végétation, laissant la plaine, pourtant fortement fréquentée, bien déserte. D’autres petits groupes de visiteurs se sont même positionnés, bien visibles, au milieu de la grande zone ouverte du Lingas ou en lisière, alors qu’au fond, sur la piste du col des Portes, se déroule le ballet des 4 × 4, qui s’installent puis repartent vers d’autres points d’observation.

Nous intervenons pour sensibiliser certains usagers. Des panneaux d’information permettent également d’alerter les touristes sur les dangers qu’ils encourent et sur les nuisances que provoque la présence humaine sur les places de brame. Le bilan des observations effectuées par les agents au cours de ces opérations de surveillance est sans équivoque : les animaux ne sortent sur la plaine que bien après la tombée de la nuit, lorsque la plupart des usagers sont partis. Alors, les cerfs reprennent leur comportement habituel : brame des mâles, bien visibles au milieu des harems de femelles, combats territoriaux et poursuites… Préserver la quiétude sur ces places de brame améliore fortement la qualité de la reproduction des cerfs, notamment en permettant aux différentes classes d’âge de se confronter.
Au cours de la soirée, une quarantaine de personnes ont été rencontrées et un conducteur a été verbalisé pour avoir circulé sur une piste interdite.

 


Par Cyril Rombaut, garde-moniteur sur le massif de l'Aigoual

 

 

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