Parc national des Cévennes
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Un plan d’actions pour la préservation des forêts anciennes

Le Parc national est engagé, au côté de plusieurs partenaires, dans un projet sur trois ans (2016-2018) qui vise à améliorer la gestion des forêts anciennes du territoire et à assurer leur préservation.

Un cœur aujourd’hui boisé à 70 %, hier à 16 % seulement

Lorsqu’on évoque les forêts anciennes, on fait référence aux forêts en place depuis au moins le milieu du XIXe siècle. Par opposition, les forêts dites récentes sont les forêts boisées après le milieu du XIXe siècle, à partir d’un sol non forestier. Ainsi, depuis la période du minimum forestier, l’état boisé des forêts anciennes n’a pas été interrompu, par exemple par un défrichement et une mise en culture. Sur le territoire du PNC, les cartes de l’Etat-Major, établies entre 1845 et 1856, ont permis de montrer que seulement 21 % des forêts actuelles sont anciennes. Minoritaires, elles font l’objet d’une attention particulière du PNC qui s’est engagé à les préserver, puisqu’elles constituent des réservoirs de biodiversité.

En effet, certaines espèces végétales et animales sont associées aux forêts anciennes. La fragilité de ces espèces, qui se dispersent généralement peu, confère aux forêts anciennes qui les accueillent un intérêt conservatoire particulier.

Hêtraie ancienne, Forêt domaniale de l’Aigoual gardois, Mathieu BACONNET, PnC ©
Chablis de hêtre dans un îlot de sénescence, forêt domaniale de l’Aigoual gardois, Mathieu BACONNET, PnC ©
Peuplement régulier de hêtre situé en forêt ancienne, forêt domaniale de l’Aigoual gardois, Mathieu BACONNET, PnC ©

Un projet collaboratif

Pour gérer aux mieux les forêts anciennes et assurer leur protection, le Parc national des Cévennes mène depuis 2016 un projet intitulé « Plan d’actions pour la préservation des forêts anciennes du Parc national des Cévennes ». Prévu sur trois ans, il est cofinancé par l’Union européenne et par l’Etat. Il s’agit d’un projet collaboratif qui associe l’Ecole d’Ingénieurs de Purpan, l’Office national des Forêts, le Centre Régional de la Propriété Forestière, Réserves Naturelles de France, la Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural, l’Association Inter-Parcs du Massif central et le Conservatoire Botanique National du Massif central. Le projet est composé de quatre actions :

  1. Etudier les forêts anciennes pour améliorer leur gestion
    Partenaire du projet, l’Ecole d’Ingénieurs de Purpan (EI Purpan) encadre une thèse portant sur les forêts anciennes du territoire. Cette action de recherche se déroule sur trois ans (2016-2018) et vise à améliorer la connaissance des espèces de groupes taxonomiques peu étudiés qui seraient inféodées aux forêts anciennes et à connaître les effets des usages pratiqués dans le passé sur cette biodiversité. En plus de contribuer à l’amélioration générale des connaissances, elle permettra de définir des préconisations de gestion pertinentes en fonction de la nature de chaque site de forêt ancienne et de son contexte paysager.
     
  2. Sensibiliser les propriétaires forestiers sur les forêts anciennes
    Le projet « Forêts anciennes » permettra de sensibiliser les propriétaires forestiers aux enjeux liés aux forêts anciennes et d’encourager la diffusion de préconisations de gestion pertinentes.
     
  3. Préserver les forêts anciennes à fort intérêt patrimonial par acquisition foncière
    L’acquisition foncière de certaines forêts anciennes à fort intérêt patrimonial par le Parc national des Cévennes dans le cadre du projet permettra d’asseoir la vocation de libre évolution qui leur a été assignée dans la charte. Ces forêts feront ensuite l’objet d’un suivi particulier et contribueront à la constitution d’un référentiel scientifique des forêts françaises laissées en libre évolution.
     
  4. Etablir les plans de gestion de deux forêts dont le Parc national des Cévennes a la propriété
    Deux propriétés forestières du Parc national des Cévennes à fort intérêt patrimonial feront l’objet d’études naturalistes et de suivis particuliers. Un plan de gestion sera élaboré pour chacune de ces deux forêts anciennes.

Une dynamique des projets « Forêts anciennes » à l’échelle du Massif central

Le Parc national des Cévennes contribue par ailleurs aux projets « Forêts anciennes » déposés par l’Association Inter-Parcs du Massif central et par le Conservatoire Botanique National du Massif central. Ce travail en réseau permettra une diffusion large des connaissances et des expériences acquises.


Le projet « Plan d’actions pour la préservation des forêts anciennes du Parc  national des Cévennes » est cofinancé par l’Union Européenne. L’Europe s’engage dans le Massif central avec le fonds européen de développement régional.