Parc national des Cévennes
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Le bâti du granite

La Vialasse © Parc national des Cévennes
La Vialasse © Parc national des Cévennes
Les hommes se sont installés sur les pentes du mont Lozère à une altitude élevée – entre 900 et 1 300 m -, dans un climat froid. Ils ont donc recherché des lieux au soleil, à l’abri du vent, proches d’une source et de terres où cultures et élevage pourraient être pratiqués non loin de l’habitation. Les fermes et les hameaux se retrouvent donc souvent à mi-pente des versants sud, dans des zones de replats intermédiaires entre les sommets et les vallées, se faisant très discrets dans le paysage.

Des habitations  à l’aspect trapu

Les constructions du mont Lozère frappent par leurs façades à l’appareillage massif fait de lourds blocs de granite. Certains d’entre eux, à peine équarris ou bien taillés avec soin, pèsent près d’une tonne. Les bâtiments, à l’aspect trapu et aux ouvertures rares et de taille réduite, ont l’aspect de forteresses.

 

Fermer de Troubat © Guy Grégoire
Ferme et four des Urfruits © Guy Grégoire
Fergerolles © Guy Grégoire

Une architecture adaptée à un climat rude

La rudesse du climat sur le mont Lozère explique que les diverses fonctions d'une exploitation (habitation, étable, grange, four...) se répartissent dans un ensemble de bâtiments groupés et qui communiquent entre eux, pour que l'habitant n’ait pas à sortir, l'hiver notamment. 

A l'origine en chaume de seigle, les couvertures ont été progressivement remplacées par des lauzes de schiste. A l'intérieur, deux niveaux le plus souvent, des plafonds bas, de petites ouvertures qui tentent de limiter les déperditions de chaleur et préservent l'intimité de la vie familiale face à la vie collective. 

On entre de plain-pied dans la salle commune, au rez-de-chaussée, où s'ouvrent la cheminée et la porte de l'étable. La façade principale du corps d'habitation est orientée au sud, encadrée par l'étable et les bâtiments d'exploitation, tandis qu'à l'arrière, la pente de la montagne assure un abri contre le vent.

Une présence humaine dès la période romaine

Cette architecture est issue d’implantations humaines dès la période romaine et le haut Moyen-Age. Le mausolée gallo-romain de Lanuéjols, dans la vallée du Valdonnez, en témoigne. Les grands ordres étaient également présents : ainsi, les Hospitaliers ont tenu plus de 5 000 hectares pendant près de cinq siècles sur le haut mont Lozère.

Abords et paysage bâti

Les grands bâtiments, maisons, granges et étables, côtoient les petites constructions de la vie rurale bâties avec les mêmes matériaux : abri, four, moulin, clocher de tourmente… Des éléments construits en pierre de granite, les abords – clôture de propriété, porche, calade, aire à battre, muret de soutènement – viennent faire le lien entre le bâti et le paysage naturel. Enfin, en s’éloignant des bâtiments, d’autres éléments participent à la création du paysage construit : béals, chemins, ponts, pierres plantées, bornes…

Aire à battre de l’Hôpital © Guy Grégoire
Clocher de tourmente des Sagnes © Guy Grégoire
Moulin de Felgerolles © Guy Grégoire