Parc national des Cévennes
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Le 27/06/2016
Faune
Le gyapète barbu "casseur d'os" © Régis Descamps PNC
Le gyapète barbu "casseur d'os" © Régis Descamps PNC
Le « casseur d'os », une espèce spécialisée à l’extrême
A chacun son métier...

Dans la nature, chacun a une place, une fonction, un métier en quelque sorte. Les espèces se sont spécialisées depuis des millions d'années, en évoluant et en s'adaptant à leur environnement. La fonction des espèces participe à l’équilibre général.

Les vautours en sont un exemple parlant et remarquable.

« Nécrophages » ou « charognards » sont des adjectifs bien trop vagues pour qualifier le régime alimentaire de chacun. En effet, chacune des quatre espèces de vautours européennes – présentes dans les Grands Causses - s'est spécialisée dans la consommation de certaines parties des carcasses.

 

Chacun son tour...

Quand une brebis morte est déposée sur une placette d'équarrissage par un éleveur, les vautours fauves sont les premiers à se poser à proximité. Ils consommeront les parties tendres : chairs, viscères, organes. Quelques vautours moines viendront en marge de cette « curée » pour attraper quelques oreilles, tirer sur des tendons ou autres cartilages qu'ils avaleront sans difficulté, même s'ils préfèrent les cadavres de plus petite taille comme ceux des lapins. Un vautour percnoptère grappillera les restes, quand il ne consommera pas le cadavre d'un campagnol. Et enfin, ultime intervenant, le gypaète barbu se régalera des os !

 

Aussi riche qu'un steak !

Imaginez la spécialisation extrême de son bec dont les maxillaires aux ligaments élastiques s'ouvrent largement pour y glisser des os entiers ! Son œsophage long, aux parois extrêmement extensibles et renforcées, prend la suite, acceptant des os de 30 cm de longueur - soit l’extrémité entière d’une patte de mouton par exemple ! L'os est trop long ? Qu'à cela ne tienne ! Le gypaète ne s'arrête pas à ce détail. Il entend bien ingérer sa dose de protéines osseuses qui équivalent à celles de la viande :  survolant son pierrier attitré, il lâche l'os à une trentaine de mètres du sol et consomme les brisures. Imaginez enfin son appareil digestif aux sucs gastriques ultra puissants. Au bout de 24 heures, la digestion est terminée ! Seuls poils, ongles ou corne seront régurgités dans une pelote.

(Midi libre 25 juin 2016)

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« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

La maxime du chimiste résume le recyclage naturel de la matière : toute matière organique, issue de combinaisons chimiques d’éléments minéraux, est recyclée et redevient matière minérale. A chaque étape des espèces spécialisées.

Partons des minéraux contenus dans le sol : dans la structure des végétaux, grâce à la lumière solaire, à l'eau et au CO2, ils seront transformés en sucres constitués d’atomes de carbone. Ces sucres « empilés » constituent tige, feuilles, racines, autant de matière organique assimilable par un herbivore, un lièvre par exemple. S'il échappe à l’aigle royal, le lièvre mourra de vieillesse ou d'accident, les vautours se nourriront de son cadavre, laissant le pelage. Celui-ci sera le repas de larves d’insectes, comme les mites (papillons). D'autres, dans le sol, digéreront encore les restes de ces repas, fragmentant la matière, devenue microscopique, redevenue minérale.

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Vautours fauves et moine © Régis Descamps
Vautours fauves et moine © Régis Descamps