Parc national des Cévennes
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Le 21/06/2016
Faune

Après une quasi disparition, le gypaète barbu bénéficie de programmes de réintroduction sans précédent depuis 25 ans en Europe.

Gypaète barbu adulte © Bruno Berthemy
Gypaète barbu adulte © Bruno Berthemy
Voyage à travers le monde avec le Gypaète Barbu

Le Gypaète barbu, Gypaetus barbatus barbatus, était présent dans toutes les régions montagneuses du Centre et du Sud de l’Europe, de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et de l’Asie mineure à la Chine. Il s’est éteint dans la plupart des massifs montagneux du pourtour méditerranéen au XIXème et XXème siècles.

Aujourd’hui, il occupe encore des zones montagneuses d’Asie, d’Europe et d’Afrique, mais il reste rare, son aire de répartition est disjointe et globalement les populations sont en déclin. Dans ce contexte, les expériences de réintroduction européennes sont particulièrement importantes.

En Asie, il vit dans les montagnes de l'Afghanistan, du Baloutchistan, sur le plateau tibétain, en Mongolie, au nord-ouest de l'Himalaya et au nord-est l'Inde. Les effectifs et tendances d’évolution dans ce secteur sont mal connus. La population Népalaise estimée à 500 individus est sans doute l’une des plus importantes, mais dans le Haut Mustang,  la population a régressé de 80% entre 2002 et 2008. En 2014, 160 couples étaient présents en Turquie. En Afrique du Nord, il resterait quelques couples au Maroc et en Algérie. La sous-espèce Gypaetus barbatus meridionalis est encore présente en Ethiopie et dans le Sud de l’Afrique mais la population a très fortement régressé et un programme de conservation a été mis en place.

En Europe son aire de distribution s’est très fortement morcelée. La population Pyrénéenne est la plus important avec 156 couples connus en 2015. La population Alpine avait disparu mais des programmes de réintroduction ont été menés avec succès. Aujourd’hui, plus d’une trentaine de couples sont présents et les lâchers se poursuivent dans les Alpes suisses, autrichiennes et franco-italiennes (Mercantour/Argentera). Grâce à ces premières expériences alpines réussies et à l’existence d’un réseau d’élevage d’oiseaux de plus en plus professionnel et organisé, piloté par la VCF (Vulture Conservation Fundation), plusieurs autres réintroductions sont en cours. En Espagne, un programme est mené en Andalousie où l’espèce avait disparu dans les années 80. Dix ans après le début des lâchers, en 2015 un premier poussin est né en milieu naturel !

Cette année 7 nouveaux oiseaux seront réintroduits. La Corse accueille avec la Crête, les plus petites populations, respectivement 4 et 7 couples en 2015. En Corse, un programme de réintroduction démarre cette année, une étude génétique ayant démontré la fragilité de la population due à ce faible effectif. Enfin, le programme LIFE GYPCONNECT, financé par l’Union Européenne doit permettre de rétablir des échanges d’oiseaux entre Alpes et Pyrénées via l’installation de population dans l’Aude, les Baronnies, le Vercors et bien sûr, les Grands Causses !

(Midi libre 15 juin 2016)

Visiter le site du Programme Life Gypconnect

 

 

 

Un grand et un plus petit : les spécificités locales !

Il existe deux sous espèces de Gypaètes barbus, Gypaetus barbatus barbatus, présent en Afrique du Nord, Asie et Europe, et Gypaetus barbatus meridionalis, présent en Afrique Orientale et du Sud.

Une sous espèce est constituée par une population qui est isolée, par exemple pour des raisons géographiques, du reste des individus de l’espèce. Cette population évolue donc séparément, notamment d’un point de vue génétique, de l’espèce nominale. Elle acquiert au fil du temps des caractéristiques particulières.

Notre gypaète local, Gypaetus barbatus barbatus, se différencie du gypaète éthiopien et sud africain, Gypaetus barbatus meridionalis par une taille et un poids plus importants, des tarses (les pattes !) emplumés jusqu'aux doigts, un collier et des plumes noires couvrant le canal auditif à l’arrière du bec.

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