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Le survol du cœur du Parc national des Cévennes

Layrou, un gypaète barbu en vol dans les gorges de la Jonte
Layrou, un Gypaète barbu en vol dans les gorges de la Jonte © Caroline Devevey - Parc national des Cévennes

Le cœur du Parc national des Cévennes abrite de nombreux rapaces, dont certains très rares. Un aéronef qui vole trop bas peut les déranger, surtout pendant la nidification, et mettre en péril leur reproduction (abandon du nid). Il existe aussi un risque de collision. Au-dessus du cœur, la règle est donc l'interdiction : pas de survol motorisé à moins de 1 000 mètres du sol, drones compris. Le vol libre n'est permis que sur quelques sites, et le vol en planeur est encadré par un protocole d'accord.

Peut-on faire voler un drone dans le cœur du Parc national ?

Affiche du Parc national des Cévennes : faire voler un drone ce n'est pas drôle

Non. Le drone est un aéronef motorisé : comme tout survol motorisé, il est interdit à moins de 1 000 mètres du sol au-dessus du cœur du Parc national. Faire voler un drone de loisir dans le cœur est donc interdit.

Seul un télépilote professionnel peut demander une dérogation. Elle reste exceptionnelle et n’est possible que pour l’une des trois missions prévues par la réglementation (voir plus bas).

Hors du cœur, c'est la réglementation nationale des drones qui s'applique : la carte des restrictions publiée sur Géoportail indique où le vol des drones de loisir est interdit ou limité. La carte des zones sensibles pour les rapaces couvre tout le territoire du Parc national : consultez-la pour éviter les secteurs à enjeux.

À retenir

Au-dessus du cœur du Parc national, l’interdiction est la règle. Une autorisation de survol à moins de 1 000 mètres du sol reste exceptionnelle et n’est jamais acquise d’avance.

Pourquoi ces règles ?

Le Parc national compte 25 espèces de rapaces nicheurs. Vautours, Aigle royal ou Gypaète barbu peuvent percevoir un aéronef comme un danger. 

Autour de chaque nid occupé, le Parc national délimite une zone de sensibilité majeure (ZSM), à éviter pendant toute la période de reproduction. Sur la carte des zones sensibles, cette période va du 1er novembre au 31 août. 

Pour le Circaète Jean-le-Blanc, elle peut se prolonger jusqu'à la mi-septembre, avant le départ en migration des adultes et des jeunes.

Dans quels cas une dérogation est-elle possible ?

Le Parc national ne peut déroger à l’interdiction de survol motorisé que pour trois types de missions :

  • des travaux d’utilité publique ou scientifique ;
  • l’entraînement des services de secours et de la sécurité civile ;
  • la promotion du cœur du Parc national, par exemple un tournage.

Une demande qui n’entre dans aucun de ces cas ne peut pas aboutir. Même pour ces missions, aucune autorisation n’est accordée dans les zones de sensibilité des rapaces pendant leur période sensible.

Comment déposer une demande ?

  1. Vérifiez que votre mission entre dans l’un des trois cas ci-dessus.
  2. Consultez la carte des zones de sensibilité pour les rapaces.
  3. Remplissez le formulaire adapté : survol pour travaux ou entraînement, ou prises de vue avec ou sans survol.
  4. Joignez le tracé précis de vos survols et leurs hauteurs, en fichier géolocalisé (GPX, KML ou SHP) et en PDF ou JPG au 1:25 000. Le tutoriel uMap ci-dessous explique comment dessiner ce tracé gratuitement.
  5. Obtenez l’accord des propriétaires ou exploitants des terrains survolés.
  6. Envoyez le dossier complet au moins un mois avant le survol, à autorisations@cevennes-parcnational.fr ou par courrier : Parc national des Cévennes, 6 bis place du Palais, 48400 Florac-Trois-Rivières.

Les demandes reçues moins d’un mois avant le survol ne sont pas traitées. Ce délai permet aux agents du Parc national de se rendre si besoin sur le terrain, pour vérifier qu’aucun enjeu, comme un nid de rapace, ne se trouve sur la zone survolée.

Où peut-on pratiquer le vol libre et le snowkite ?

Dans le cœur du Parc national, le parapente, le deltaplane et le snowkite ne sont autorisés à moins de 1 000 mètres du sol que sur les sites suivants. Il faut aussi un accord avec les propriétaires des lieux de décollage et d’atterrissage :

  • pratique courante du parapente et du deltaplane : site du Single, sur la commune de Gorges du Tarn Causses (ancienne commune de Quézac). Le vol de pente (soaring) y est interdit dans un périmètre de quiétude des rapaces ;
  • vol de randonnée : sur le mont Aigoual, du Portalet vers Les Fons (commune de Bassurels), et sur le mont Lozère, des crêtes du pic de Finiels vers le hameau de Finiels (commune de Pont de Montvert - Sud Mont Lozère). Le décollage, le couloir de descente et l’atterrissage sont délimités ;
  • vol de distance : au-dessus des gorges du Tarn et de la Jonte (communes de Saint-Pierre-des-Tripiers et de Hures-la-Parade), à plus de 500 mètres du sol, dans les zones autorisées ;
  • snowkite : à la station du Bleymard Mont Lozère, sous le sommet de Finiels, du 1er décembre au 31 mars, avec aussi l’accord du gestionnaire de la station. La zone a été agrandie en 2021, entre le col de Finiels et la route des chômeurs.

Les zones exactes figurent sur les cartes jointes aux arrêtés et sur la carte dynamique de la réglementation.

Le cerf-volant est interdit à moins de 1 000 mètres du sol dans tout le cœur.

Snowkite sur le mont Lozère © Bruno Daversin - Parc national des Cévennes
Parapente en vol
Parapente en vol © Bruno Daversin - Parc national des Cévennes

Peut-on voler en planeur au-dessus du cœur du Parc national ?

Le vol en planeur est encadré par un protocole d’accord signé le 8 juin 2026 entre le Parc national, la Fédération française de vol en planeur, le Centre de vol à voile Montpellier Pic Saint-Loup et le club Chanet Vol à Voile. Les pilotes s’engagent à :

  • survoler le cœur du Parc national à 500 mètres au moins au-dessus du sol, hors situation de sécurité ;
  • ne pas survoler les 6 secteurs à forts enjeux pour les rapaces, sauf impossibilité ; dans ce cas, voler à 1 000 mètres au moins au-dessus du point le plus haut de la zone tampon de la zone de sensibilité majeure ;
  • respecter l’interdiction générale du survol motorisé à moins de 1 000 mètres du sol ;
  • organiser toute manifestation sportive en dehors du cœur du Parc national ;
  • signaler au Parc national toute collision avec un oiseau et tout atterrissage hors aérodrome.

Les 6 secteurs à forts enjeux sont les gorges du Tarn, les gorges de la Jonte, les gorges du Trévezel, le site de réintroduction du Gypaète barbu en haute Dourbie, le sommet de l’Aigoual et le Truc de Balduc.

Le protocole prévoit aussi deux exceptions liées à la sécurité ou à la pratique. Au départ de l’aérodrome de Chanet, les planeurs peuvent survoler le secteur du Grand Devès à moins de 500 mètres. Deux sites d’atterrissage de secours sont identifiés dans le cœur : le Ségala, près du col de Perjuret, et le Devès, sur la Can de l’Hospitalet.

Planeur en vol dans le ciel
Planeur en vol © Surprising media
Aigle royal en vol dans les gorges de la Jonte
Aigle royal en vol dans les gorges de la Jonte © Régis Descamps - Parc national des Cévennes

La réglementation du cœur s'ajoute aux règles nationales en vigueur : elle ne les remplace pas. Le non-respect de la réglementation du cœur du Parc national constitue une infraction et peut entraîner des poursuites.