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La cueillette et le prélèvement d’espèces dans le cœur du Parc national des Cévennes

Cèpe de Bordeaux dans la terre
Cèpe de Bordeaux © Emilien Hérault - Parc national des Cévennes

Le Parc national des Cévennes est reconnu pour la richesse de sa faune et de sa flore. Pour préserver ce patrimoine vivant, la cueillette et le prélèvement d’espèces sont encadrés dans le cœur du Parc national. Une cueillette familiale de plantes et de champignons reste possible, en quantités limitées. La cueillette professionnelle et le prélèvement d’animaux sauvages sont soumis à autorisation.

Que peut-on cueillir sans autorisation ?

Affiche du Parc national des Cévennes : Ne vous faites pas cueillir en cueillant

Dans le cœur du Parc national, une cueillette familiale est possible sans autorisation, dans ces limites :

  • pour les plantes : seules 56 espèces peuvent être cueillies (baies et fruits, plantes aromatiques, médicinales ou condimentaires…), à raison de 2 litres au plus par personne, par jour et par espèce. Toutes les autres plantes sauvages sont interdites de cueillette, à l’exception de quelques espèces introduites dont la cueillette est libre ;
  • pour les champignons : 10 litres au plus par personne et par jour, toutes espèces confondues, du lever au coucher du soleil.

Ces cueillettes sont tacitement autorisées sur les terrains où le propriétaire n’a pas posé de panneaux « cueillette réservée » agréés par le Parc national. Là où ces panneaux sont posés, la cueillette est réservée au propriétaire et aux personnes qu’il autorise.

Liste fixée par la délibération du 28 février 2017. Les espèces marquées d’un astérisque (*) ne peuvent être cueillies que sur le massif du mont Lozère.

  • Sapin pectiné (Abies alba)
  • Achillée millefeuille (Achillea millefolium)
  • Alchémille des rochers (Alchemilla saxatilis)
  • Alliaire (Alliaria petiolata)
  • Patte de chat (Antennaria dioica)
  • Arnica des montagnes (Arnica montana) *
  • Armoise commune (Artemisia vulgaris)
  • Pâquerette (Bellis perennis)
  • Bouleau verruqueux (Betula pendula)
  • Buis commun (Buxus sempervirens)
  • Callune (Calluna vulgaris)
  • Chénopode blanc (Chenopodium album)
  • Chondrille à tige de jonc (Chondrilla juncea)
  • Cornouiller mâle (Cornus mas)
  • Noisetier (Corylus avellana)
  • Aubépine à un style (Crataegus monogyna)
  • Genêt à balai (Cytisus scoparius)
  • Carotte sauvage (Daucus carota)
  • Reine des prés (Filipendula ulmaria)
  • Fraisier sauvage (Fragaria vesca)
  • Frêne élevé (Fraxinus excelsior)
  • Gentiane jaune (Gentiana lutea) *
  • Piloselle (Hieracium pilosella)
  • Millepertuis perforé (Hypericum perforatum)
  • Genévrier commun (Juniperus communis)
  • Laitue vivace (Lactuca perennis)
  • Laitue scariole (Lactuca serriola)
  • Lampsane commune (Lapsana communis)
  • Lotier corniculé (Lotus corniculatus)
  • Origan commun (Origanum vulgare)
  • Coquelicot (Papaver rhoeas)
  • Langue de bœuf (Persicaria bistorta)
  • Pin sylvestre (Pinus sylvestris)
  • Coucou (Primula veris)
  • Herbe catois (Prunella vulgaris)
  • Groseillier à maquereau (Ribes uva-crispa)
  • Rosier des chiens (Rosa canina)
  • Rosier à petites fleurs (Rosa micrantha)
  • Ronces (Rubus agg.)
  • Framboisier (Rubus idaeus)
  • Sureau noir (Sambucus nigra)
  • Laiteron potager (Sonchus oleraceus)
  • Alouchier (Sorbus aria)
  • Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia)
  • Épiaire droite (Stachys recta)
  • Mouron des oiseaux (Stellaria media)
  • Pissenlit (Taraxacum)
  • Thym luisant (Thymus nitens)
  • Thym précoce (Thymus praecox, incluant T. drucei)
  • Thym (Thymus pulegioides)
  • Thym commun (Thymus vulgaris)
  • Tussilage ou pas-d’âne (Tussilago farfara)
  • Ortie dioïque (Urtica dioica)
  • Myrtille (Vaccinium myrtillus)
  • Airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea)
  • Mâches (Valerianella)

Retrouvez chacune de ces plantes sur Biodiv’Cévennes.

Comment cueillir ?

Les plantes se cueillent à la main, sans les arracher ni les prélever en entier. Fruits, bourgeons, rosettes, feuilles et rameaux peuvent être coupés au couteau, aux ciseaux ou au sécateur, sans abîmer la partie enracinée ni le reste de la plante. Pour la Myrtille et l’Airelle rouge, un peigne de moins de 20 cm de large est autorisé, une fois les fruits mûrs.

Pour les champignons, les outils qui grattent le sol (pioche, serfouette, grappin, râteau, croc…) sont interdits, pour la recherche comme pour la cueillette. Il est aussi interdit de détruire les champignons que l’on ne ramasse pas.

Quelles plantes et quels champignons ont des règles particulières ?

Trois espèces ont des règles propres :

  • la Gentiane jaune (Gentiana lutea) : cueillette autorisée uniquement sur le massif du mont Lozère, dans le cœur, et limitée à 2 plantes adultes par personne et par an. La racine s’arrache à la main, uniquement avec une fourche du diable, puis la terre et la végétation doivent être remises en place ;
  • l’Arnica des montagnes (Arnica montana) : cueillette autorisée uniquement sur le massif du mont Lozère, dans le cœur, du 1er au 15 juillet, et limitée à 20 capitules (têtes fleuries) par personne et par an ;
  • le Pleurote du panicaut (Pleurotus eryngii), dit « oreillette » : 2 litres au plus par personne et par jour.

La zone de cueillette de la gentiane et de l’arnica figure sur la carte annexée à la délibération de 2017.

Champ de Gentiane Jaune
Gentiane jaune © Jose Angel Urquia Goitia - Wikimedia Commons
plusieurs fleurs d'Arnica, un papillon est posé sur l'une d'entre elles
Arnica des montagnes sur le mont Lozère © Bruno Daversin - Parc national des Cévennes
4 pleurotes du panicaut dans l'herbe
Pleurotes du panicaut © Ferit Baycuman - Wikimedia Commons

Quand faut-il une autorisation du Parc national ?

Affiche du Parc national des Cévennes : "N'appuyez pas sur le champignon, vitesse limitée à 10 litres par jour"

Une autorisation du Parc national est nécessaire pour :

  • la cueillette professionnelle ou commerciale, au-delà de 2 litres par personne, par jour et par espèce. L’autorisation est écrite et annuelle ;
  • les prélèvements à des fins scientifiques ou pédagogiques ;
  • une cueillette organisée par un propriétaire au profit de tiers (pour les champignons, sur 50 hectares d’un seul tenant au moins) ;
  • détenir ou transporter des animaux non domestiques, ou les emporter hors du cœur ;
  • capturer des animaux à l’aide de pièges.

Après une cueillette professionnelle, le cueilleur transmet au Parc national, avant la fin de l’année, le bilan de sa récolte : lieux, quantités, état de la ressource. Sans ce bilan, aucune autorisation ne lui est délivrée l’année suivante.

Plus largement, tous les prélèvements d’animaux sauvages sont soumis à autorisation, hors chasse et pêche, qui ont leurs propres règles.

Comptez 2 mois d’instruction : déposez votre demande suffisamment tôt. L’autorisation du Parc national ne dispense pas de l’accord du propriétaire du terrain.

Un projet de cueillette ou de prélèvement ?

Les agents du Parc national vous renseignent au 04 66 49 53 00

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