Un autre élément du patrimoine remarquable lié au système agro-pastoral est l’aire à battre. Ces espaces en pierre, situés à proximité des bâtiments de stockage des céréales, permettaient la séparation du grain de son enveloppe et de la paille par une opération appelée dépiquage.

Certains lieux étaient importants pour leur activité commerciale, et par conséquent pour le système agro-pastoral de la région. Ainsi, le village de Barre-des-Cévennes était considéré comme la cité des foires. Les foires du printemps et de l’automne pouvaient attirer jusqu’à dix mille personnes venues des départements limitrophes, mais aussi du Var, du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône.

Sur le plan architectural, les plateaux karstiques des causses sont un bel exemple d’adaptation de l’homme aux conditions physiques (peu de bois, problème de stockage de l’eau) en lien avec les modes de culture et donc le besoin de bergeries et d’enclos pour protéger les cultures et regrouper le bétail. Le Villaret est un bel exemple du bâti typique du causse Méjean, liée à la quasi absence de bois d’œuvre, d’où des constructions réalisées avec un matériau unique, la pierre.

Les communications entre la plaine languedocienne et les pâturages d’été constituent un autre élément fort de la région, avec les drailles, chemins utilisés pour la transhumance. Utilisées par les bergers transhumants et leurs troupeaux dans le sens plaine–montagne en été, et en sens inverse en hiver, les drailles sont l’élément linéaire remarquable du paysage pastoral. Elles suivent la crête des chaînes montagneuses, les lignes de partage des eaux, passent d’une région à l’autre en empruntant les cols, évitant autant que possible de descendre dans le fond des vallées, le souci résidant dans la progression rapide du troupeau.

Les principales drailles sont les collectrices de l’Asclié, la Luzette, de Jalcreste et du Malons.
L’organisation de l’espace sur le mont Lozère au Moyen Age a été fortement influencé par les ordres militaires, et notamment les Hospitaliers. La richesse des Hospitaliers était constituée en grande partie par des donations foncières et les commanderies étaient ainsi de grosses exploitations rurales dont ils étaient les seigneurs. Parmi elles, celle de Gap Francès, qui comportait 10 unités territoriales (appelées membres) dont le membre chef était à l’Hôpital sur le mont Lozère.
Un ensemble intéressant au plan économique par la variété de ses terroirs et par conséquent de ses productions : terres à blé sur le calcaire, seigle sur le granite ou sur les schistes, élevage sur les vastes espaces. La possession de très grandes surfaces vouées à l’élevage et à la transhumance sur le mont Lozère était une force énorme pour l’ordre. Çà et là, sur le mont Lozère, subsistent encore quelques bornes portant la croix de Malte gravée dans le granite : elles servaient à limiter le territoire de la commanderie.

Les terrasses de culture, un exemple d’adaptation à l’exploitation agro-pastorale

Dès que les hommes ont besoin d'élargir le territoire de leurs activités agro-pastorales et qu'ils se heurtent à des pentes défavorables, ils construisent des terrasses. Les contraintes doivent être dépassées au prix de travaux inouïs, toujours recommencés. Ces paysages comportent des valeurs esthétiques au croisement de la nature et de la culture. Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l'agro-pastoralisme méditerranéen, présentent des ensembles de terrasses exceptionnels qui ont toujours marqué les observateurs. Même si l'image des terrasses renvoie avant tout aux Cévennes, cette technique nécessaire pour apprivoiser la montagne, a aussi été très utilisée dans les gorges qui enserrent les causses.

Quelques exemples de terrasses de culture :
St-André-de-Valborgne, Les Plantiers (Gard)
Ispagnac, Ste-Enimie, St-Pierre-des-Tripiers (Lozère)
Veyreau (Aveyron)