Les premiers parcs nationaux ont été créés aux Etats-Unis à partir des années 1870. Le mouvement s’est ensuite étendu progressivement, d’abord "dans les pays neufs de structure coloniale" (Emile Leynaud), puis en Europe (Suède, 1909 ; Suisse, 1914; Italie, 1922).

En France, l’idée de créer des parcs nationaux s’est imposée plus tardivement, dans les années 1950-1960. Mais alors que les parcs nationaux déjà créés dans le monde répondaient à une volonté de préserver les espaces naturels, de les protéger de toute intervention humaine considérée comme potentiellement destructrice, les projets qui conduisent à la création des premiers parcs nationaux français correspondent à un contexte bien différent et obéissent à des motivations plus diverses.

Il s’agit tout d’abord de répondre aux difficultés que traversent les espaces ruraux métropolitains, confrontés à la crise des activités économiques traditionnelles, à l’exode humain et à la désertification. En ce sens, les demandes de création de parcs formulées dans les Cévennes, les Pyrénées, les Alpes ou l’arrière-pays provençal s’inscrivent en premier lieu dans une perspective d’aménagement du territoire : il s’agit d’imaginer des solutions concrètes pour revitaliser ces régions, tout en gardant leur vocation propre.

Seconde originalité du processus de création des parcs nationaux français, il est impulsé par des individus et des groupements implantés localement et très attachés au devenir des régions concernées. Dans les Cévennes, qui s’étendent sur trois départements (Lozère, Gard, Ardèche), le dynamisme fest très fort. Les Cévennes sont l'un des creusets où se pense l’idée de parc national comme réponse à la situation économique et sociale des hauts pays jugée dramatique