Le paréage de 1307

Vue aérienne de Fontanilles
Site de Fontanilles

La fin de la croisade albigeoise entraîne une nouvelle complication, concernant directement les Cévennes : par le traité de Paris en 1229, le roi de France confisque les biens de Pierre Bermond d’Anduze, allié du comte de Toulouse, parmi lesquels se trouvent plusieurs fiefs cévenols du Gévaudan. Les terres royales en Gévaudan dépendent de la sénéchaussée de Beaucaire, représenté localement par un bayle, installé à Saint-Etienne-Vallée-Française pour gérer les biens cévenols.

Les officiers royaux en profitent alors pour intervenir régulièrement dans le domaine épiscopal sous prétexte de maintenir la paix. L’arrivée à Mende, en 1291, de l'évêque Guillaume Durand, surnommé le Speculator, marque le début d’une longue bataille juridique destinée à déterminer les droits respectifs du roi et de l’évêque en Gévaudan. Il faut toute l’habileté de Guillaume Durand II, neveu du précédent et excellent juriste, pour démontrer au Parlement, qu’en vertu de la bulle d’or, l’évêque de Mende a pleine juridiction sur le Gévaudan.

Corniche des Cévennes

Afin d'éviter au roi d’être placé en situation d’infériorité, un accord, connu sous le nom d’acte de paréage, est conclu entre le roi Philippe IV le Bel et Guillaume Durand II, le 3 février 1307. Ce type d’accord n’est pas isolé dans le Midi (évêchés du Vivarais, du Velay, du Quercy…). Il érige le Gévaudan en comté et jette les bases de l’organisation administrative du Gévaudan, restée inchangée jusqu’en 1789.
Le comté est divisé en trois domaines : celui du roi (vicomté de Grèzes et fiefs cévenols confisqués à Pierre Bermond d’Anduze), celui de l’évêque (vallée du Lot de Badaroux au Villard, Saint-Julien d’Arpaon et Le Pompidou) et la terre commune (possessions des barons).

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