Des membres de l’aristocratie, héritiers des comtes mis en place par Charlemagne, s’émancipent de la tutelle royale et assoient leur pouvoir sur des territoires de plus en plus étendus. Au cours du Xe siècle, les luttes entre les seigneurs méridionaux, notamment les familles de Toulouse, d’Auvergne et de Poitiers, sont féroces. Bien que bénéficiant de la faveur royale, le pouvoir réel de la famille de Toulouse, dans la zone qui nous occupe, est faible.
Parallèlement, les évêques de Mende cherchent, depuis le milieu du XIe siècle, à affirmer leur autorité temporelle sur l’ensemble du Gévaudan, autorité qu'il partage avec huit barons : le baron de Florac domine la zone cévenole. La baronnie est tenue par les seigneurs d'Anduze jusqu'au XIIIe siècle.
Leur importance politique et l’étendue de leurs domaines varient selon les périodes. Profitant des rivalités permanentes des seigneurs locaux, vassaux des vicomtes, les évêques font appliquer localement la « paix de Dieu », entre 1102 et 1112, en créant une police chargée de faire respecter la paix, police dont ils obtiennent le commandement. Dans le même temps, les rois capétiens cherchent aussi à asseoir leur autorité sur les grands fiefs du royaume et cette recherche nécessite le soutien de l'Église.
L'évêque Aldebert III du Tournel, bien informé des ambitions capétiennes, décide de rencontrer le roi Louis VII à Paris pour lui prêter hommage en échange des droits régaliens sur le Gévaudan. L’acte qui scelle cet accord est connu sous le nom de « bulle d’or » (1161).