G... comme Gypaète barbu

Après avoir été massivement persécuté et détruit au XIXe siècle, le gypaète barbu survit dans les Pyrénées et en Corse. Il recolonise les Alpes depuis 1986 à la faveur d’un programme de réintroduction. L'effectif européen s'élève actuellement à 160 couples environ. Le Parc national des Cévennes va participer au projet de réintroduction du gypaète barbu dans les grands causses aux côtés de la Ligue pour la protection des oiseaux.

Le gypaète barbu (Gypaetus barbatus barbatus) est l’une des quatre espèces de vautours présentes dans l’hexagone. La directive européenne « Oiseaux » indique que, menacé d’extinction à l’échelle mondiale, ce rapace nécrophage doit faire l’objet de mesures spéciales de conservation. En France, il est inscrit sur la liste rouge des espèces en danger et est juridiquement protégé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Son envergure peut atteindre 3 mètres pour un poids de 5 à 7 kg. En vol, sa longue queue en losange et ses ailes fuselées lui confèrent une ligne effilée. De près, on dirait vraiment qu'il porte une barbe.

Ce rapace peut vivre plus de 30 ans. Toutefois, sa reproduction est faible, avec un jeune tous les 3 ans, et tardive, soit vers l’âge de 7 ou 8 ans. Les accouplements commencent deux mois avant la ponte. Le couple construit le nid dans une cavité abritée d’une paroi rocheuse. Entre décembre et février, la femelle pond 1 à 2 œufs, à 3 ou 4 jours d’intervalle. Seul un poussin sera élevé; le deuxième constitue une réserve biologique en cas d’échec du premier. A 4 mois environ, le jeune gypaète s’envole. Il restera cependant aux côtés de ses parents pour parfaire ses techniques de vol, de recherche de nourriture et de cassage d’os. A l’automne, il est chassé par ses parents qui vont démarrer une nouvelle saison de reproduction.

Afin d’assurer la survie à long terme de cette espèce en Europe occidentale, la France a approuvé un plan national de restauration. Deux programmes de réintroduction sont menés de front, l’un dans le Vercors, lancé en 2010, l’autre dans les Grands Causses qui suivra en 2012. Ce projet vise à accroitre la population et l’aire de répartition des gypaètes, et à constituer un corridor entre les Pyrénées et les Alpes. Cette liaison assurera le brassage génétique. L’importance des pierriers et des cavités facilitera la nidification du gypaète. L’objectif est de fixer 5 à 10 couples afin de favoriser la reproduction et de pérenniser une population viable.

Le gypaète complètera la cohorte des équarisseurs naturels déjà présents sur le territoire du Parc. La ressource alimentaire issue des restes laissés par les autres vautours est immédiatement disponible et largement supérieure aux besoins de ce vautour mangeur d'os. Le gypaète constitue en effet l'ultime recycleur des carcasses, les 3 autres espèces s'étant chargées de consommer les parties molles puis tendineuses des cadavres d'animaux.

 

Questions à

Bruno Descaves - Garde-moniteur au Parc national des Cévennes

Quels sont les acteurs et partenaires de ce projet ?
Le ministère en charge de l’Ecologie a souhaité la mise en place de ce plan pour poursuivre et coordonner les efforts menés pour sauvegarder l’espèce. Dans les causses, cette opération associe les équipes du Parc national et la mission « Rapaces » de la LPO, gestionnaire des programmes de conservation des vautours.
Un groupe de travail sur les vautours a été constitué, sous l’autorité du préfet de la Lozère et regroupant les institutionnels.
Les éleveurs, la profession agricole en sont également membres, en tant que partenaires directement intéressés à la gestion des populations de vautours, du fait de leur rôle dans l'équarrissage en zone de montagne. Sont également associés les promoteurs d’activité de pleine nature.
Comment seront réintroduits les gypaètes ?
Selon la technique dite du « taquet ». De jeunes oiseaux, nés en captivité, seront élevés également en captivité dans plusieurs sites. Trente jours avant la date d’envol théorique, ils seront placés par 2 ou 3 dans une cavité d’où ils s’envoleront d’eux-mêmes. Cette cavité sera inscrite dans leur mémoire comme leur aire d’origine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce que les enfants doivent savoir

Les vautours jouent un rôle écologique essentiel en faisant disparaître les gros animaux morts. Ils participent à l’assainissement des écosystèmes. Aucun virus ni bactérie ne résistent à leur système de digestion. Ils limitent la propagation de maladies véhiculées par des cadavres de mammifères et évitent la contamination des sources.
Chaque vautour a un régime alimentaire différent et spécialisé.
- Le vautour fauve se nourrit exclusivement de cadavres. Son bec puissant est capable de déchirer les tissus les plus résistants. Les vautours fauves se regroupent par dizaines et nettoient la carcasse en quelques minutes. Ils interviennent en premier.
- Le vautour moine est dit « déchireur ». Il affectionne les parties les plus coriaces, comme la peau, les tendons et les cartilages. Son bec est fort et tranchant.
- Le vautour percnoptère est dit « picoreur ». Il possède un bec plus fin et il glane les menus morceaux laissés par les vautours fauves. Son régime alimentaire est très varié : cadavres, excréments, insectes… et lui vaut le surnom « d’éboueur ».
- Le gypaète barbu, appelé « casseur d’os », se nourrit presque exclusivement d’os prélevés sur les squelettes incomestibles et laissés par les autres vautours. Lorsque les os sont trop gros pour être avalés, il s’envole avec et les laisse tomber de haut sur un éboulis rocheux et peut ensuite les ingérer.

Midi Libre - édition Lozère - 2 septembre 2011

Parc des Cévennes ™ copyright © 2012 6 bis place du Palais 48400 Florac, France
Téléphone 04 66 49 53 00
Fax 04 66 49 53 02