E... comme Endémisme

On parle d’espèce végétale ou animale endémique d’une île, d’un massif montagneux ou d’une région climatique lorsque cette espèce ne vit, à l’état sauvage, que sur ce territoire et nulle part ailleurs dans le monde. Par exemple, le koala, comme les eucalyptus dont il se nourrit, sont des espèces endémiques d’Australie.

Le Parc national des Cévennes est à cheval sur deux territoires très contrastés, les Causses calcaires et les Cévennes siliceuses. Il abrite donc des espèces endémiques de ces deux régions. La responsabilité du Parc national pour la conservation de ces espèces est donc très importante.

Du point de vue botanique, les Causses comptent près de trente cinq espèces endémiques tandis qu’on en dénombre une quinzaine pour la partie siliceuse des Cévennes.

Ainsi, l’ophrys d’Aymonin (0phrys aymoninii) est une espèce endémique de la région des Grands Causses. L’aire de répartition de ces orchidées – le lieu où on les trouve – ne correspond qu’à cette seule région et elle est d’ailleurs protégée en région Midi Pyrénées. Ces bien curieuses fleurs attirent les petites abeilles mâles en imitant la morphologie et les odeurs des abeilles femelles. Elles augmentent ainsi les chances d’être visitées par des insectes mâles à qui elles confient du pollen à destination de la prochaine fleur, assurant ainsi la dispersion de leurs gênes.

Côté Cévennes siliceuses, on peut citer le ciste de Pouzolz (Cistus pouzolzi) et le thym luisant (Thymus nitens). Ce dernier est d’ailleurs beaucoup plus courant et aromatique que le thym serpolet (Thymus serpyllum) avec lequel il est souvent confondu. C’est celui qui forme un petit buisson et que l’on voit le plus souvent dans les pelouses et les landes sur les schistes.

 

Du point de vue faunistique, les espèces endémiques sont essentiellement des insectes comme le carabe d’Espagne ou l’arcyptère cévenole.

Le carabe d’Espagne (Carabus hispanus) est un insecte endémique des Cévennes assez commun. Quel randonneur cévenol n’a pas vu ce bijou cuivré, bronze et brique, trottiner sur le sentier, devant lui, ou fouiller la litière, à la recherche d’autres insectes, de lombrics ou de mollusques qui constituent sa nourriture ? Certes courant (c’est bien le mot puisqu’il ne vole pas) chez nous, il n’en est pas moins une rareté à l’échelle mondiale puisqu’on le trouve exclusivement dans douze départements français. Il est fréquent sur la bande sud-est du Massif central, depuis l’Ardèche jusqu’à l’Aude, et déborde sur les départements limitrophes (jusqu’en Corrèze) avec un noyau « excentrique » en Charente maritime ! Il n’a donc « d’Espagne » que le nom et il semblerait que ce nom provienne d’une mauvaise latinisation d’Ispagnac.

L'arcyptère cévenole (Arcyptera carpentieri) est, pour sa part, une espèce endémique… des Causses !. Elle est inféodé aux pelouses steppiques les plus clairsemées, pauvres en végétation et arides des Causses, dont le Méjean. Ce criquet très coloré est très proche d'une autre arcyptère, le criquet bariolé (Arcyptera fusca), plus commune, que l'on retrouve sur les pelouses de l'Aigoual ou du mont Lozère.

Questions à

Christian Bernard - Professeur honoraire de l’enseignement agricole, botaniste - Auteur de deux éditions de La Flore des Causses (1996, 2008)

Peut-on expliquer l’endémisme ?
L’endémisme se caractérise par la présence naturelle d’un groupe d’espèces, sous-espèces ou variétés (pour les végétaux) dans des mieux restreints et localisés, mais de taille variable.
La présence de plantes ou d’animaux endémiques peut s’expliquer par un isolement géographique d’une population qui s’est différenciée à partir d’individus souche au cours de l’évolution. Si la différenciation est ancienne (ou rapide), la transformation sera suffisante pour donner naissance à une véritable espèce endémique. Par contre, une différenciation plus récente (ou plus lente) n’engendrera qu’une sous-espèce ou une variété endémique.

Pourquoi de l’endémisme en Cévennes ?
L’ampleur relative de l’endémisme végétal en Cévennes ou dans les Causses peut être expliquée en partie par l’isolement géographique par rapport aux Alpes ou aux Pyrénées. Il peut également être lié au fait que ces régions du sud du Massif central ont été peu affectées par les perturbations des phénomènes climatiques de l’époque glaciaire quaternaire.

Ce que les enfants doivent savoir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Midi Libre - édition Lozère - 1er juillet 2011

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