Une avifaune spectaculaire
L’avifaune du parc national est particulièrement riche. On dénombre 195 espèces dont 135 nicheuses. Parmi ces espèces, 137 jouissent d’une protection nationale et 31 sont inscrites à l’annexe 1 de la directive européenne « Oiseaux ». Cette richesse exceptionnelle a valu le classement du cœur du parc en zone de protection spéciale (ZPS).
C’est notamment le cas des rapaces. On compte plus d’une vingtaine d’espèces de rapaces diurnes et sept de rapaces nocturnes. Citons notamment le circaète Jean-le-Blanc dont on a repéré plus d’une centaine de couples sur tout le territoire du parc. Une situation sans doute exceptionnelle en France.
Les pelouses des plateaux caussenards sont l’une des richesses naturelles du parc. Elles accueillent un grand nombre d’oiseaux exceptionnels. Ce sont notamment l’oedicnème criard, l’alouette calandrelle, l’alouette lulu, le pipit rousseline, le bruant ortolan, la pie-grièche écorcheur, la chouette chevêche, les busards Saint-Martin et cendré, l’engoulevent d’Europe, la huppe fasciée, le merle de roche…
A ces espèces inféodées aux pelouses s’ajoutent des espèces qui viennent couramment se nourrir sur le causse à partir des gorges avoisinantes, comme les grands rapaces rupestres - vautours, aigle, grand-duc –, le crave à bec rouge et le grand corbeau.
Les vautours fauve, moine et percnoptère
Après une éclipse d’une cinquantaine d’années, ces trois espèces animent à nouveau de leur vol le ciel des gorges et des causses.
Environ 180 couples de vautours fauves nichent dans les gorges du Tarn et de la Jonte. Une vingtaine de couples de vautours moines se sont joints à eux, ainsi que 3 couples de percnoptères. Plus d’une centaine de jeunes vautours fauves, nés en liberté, prennent leur envol chaque année ainsi qu’une quinzaine de jeunes vautours moines.
Les percnoptères sont revenus naturellement à la faveur de la présence des autres vautours. Leur reproduction se révèle actuellement plus aléatoire selon les années.
Les opérations de réintroduction ou de renforcement menées par le parc national bénéficient du soutien actif des éleveurs du causse Méjean, pour lesquels les vautours assurent un équarrissage bienvenu.
L’aigle royal
La majeure partie des aigles royaux du Massif central est concentrée sur la région des grands causses et des Cévennes Le parc national a donc une responsabilité dans la gestion de cette espèce.
Les effectifs d’aigles royaux ont chuté de façon sensible ces dernières décennies. Plusieurs facteurs en sont la cause : la destruction directe (tir, électrocution), la raréfaction de ses proies favorites (lapin et lièvre), la fermeture de ses zones de chasse et, aujourd’hui, le dérangement sur ses sites de reproduction. La population est réduite à une vingtaine de couples et le succès de sa reproduction reste très aléatoire d’année en année.
Le faucon pèlerin
Le faucon pèlerin est une espèce dont les effectifs semblent se rétablir très progressivement après avoir sensiblement baissé. Environ la moitié des sites historiquement connus sont de nouveau occupés. Ceci est sans doute dû à la protection dont fait l’objet cette espèce et aux opérations de surveillance des aires.
Les facteurs qui nuisent au développement du faucon pèlerin sont le désairage, c’est-à -dire la récupération des jeunes à l’aire pour la fauconnerie, la pollution des chaînes alimentaires et le dérangement.
Le hibou grand-duc
Le hibou grand-duc est bien représenté en Cévennes. La plupart des sites disponibles sont occupés, avec des effectifs réguliers sinon localement abondants.
Cette espèce relativement discrète, ubiquiste quant à son régime alimentaire et dans le choix de ses sites de nidification, se porte donc plutôt bien. Toutefois, ces oiseaux sont régulièrement victimes d’électrocution et de blessures mortelles au contact de lignes électriques et de barbelés.