L’apollon a besoin de conditions climatiques précises, notamment d'hivers froids propres à la moyenne et la haute montagne. Cette espèce exige aussi des espaces grandement ouverts - comme les prairies ou les pelouses - et riches en
fleurs très colorées (centaurées, chardons divers, scabieuses…). Mais c’est surtout la présence des plantes grasses, nourricières des chenilles (orpins ou joubarbes), qui est un élément déterminant.
La vie de l'apollon
Ce grand papillon blanc (70 mm d’envergure) se remarque assez facilement à son vol nonchalant. Ses ailes robustes possèdent plusieurs taches noires sur fond blanc, les postérieures arborant deux ocelles rouges cernés de noir.
La ponte a lieu pendant l’été, une période propice à l’observation : l’apollon dépose ses œufs sur les orpins (orpin blanc sur les Causses) ou sur les joubarbes (dans les secteurs favorables de l’Aigoual).
Les chenilles hivernent à l’état juvénile dans l’œuf. L’éclosion a lieu en mars–avril : les larves se nourrissent alors des bourgeons de leur plante hôte pour atteindre 50 à 70 mm. A la fin du stade larvaire, les chenilles tissent un cocon légèrement enterré ou placé sous les herbes sèches.
La métamorphose (transformation de la larve en chrysalide puis en papillon) dure de 10 jours à plusieurs semaines et a lieu sur les Causses en mai-juin .
Des populations vulnérables
L’apollon est protégé en France depuis 1993. Le Parc national des Cévennes présente des populations extrêmement vulnérables sur les Causses et l’Aigoual. L’une d’elles est reconnue d’importance à l’échelle internationale. En tout état de cause, la population présente dans le Parc constitue un enjeu fort pour la conservation de l’espèce dans le Massif central.