« C’est au plus fort du mois de juin, quand le crépuscule est tombé, qu’un bruit étrange et monotone se met à vibrer dans le soir. L’engoulevent chante… » (Géroudet). En fait, ce chant fait plus penser à un ronronnement, ou même au crissement roulé d’un insecte, qu’à la mélodie chantée ou sifflée d’un oiseau.

Quand on l’observe, on ne sait trop non plus comment classer cet oiseau aux formes étranges. Avec sa tête assez grosse, son corps très fuselé et ses ailes longues et pointues, on le rapprocherait volontiers des hirondelles et martinets. Son bec assez fort lui donnerait plutôt un air de rapace miniature. La couleur de son plumage dans les gris clairs, très tacheté de blanc et de noir, qui lui permet un excellent mimétisme avec le sol, fait plutôt penser à un oiseau des bois.

Bref, voilà bien un oiseau bien déroutant, seul représentant d’ailleurs de son genre et de sa famille en Europe.

L’engoulevent est présent sur la majeure partie du Parc, aux alentours de 1 000 m d’altitude, où il fréquente plutôt les milieux mélangés de bois, landes et prairies à partir du moment où ils sont relativement clairs et qu'il peut y chasser.

La rencontre la plus fréquente avec les engoulevents se produit lors des nuits bien chaudes de l’été, notamment sur les causses, par la découverte subite d’un petit animal, immobile au milieu de la route dont les yeux brillent soudain dans les phares au raz du sol. S’il en a le temps, l’oiseau s’élève en flèche et disparaît. Venu chasser les insectes attirés par la chaleur de la route, il le paye hélas d'un lourd tribut.