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Le Parc national des Cévennes a la responsabilité d’assurer la conservation de tout le patrimoine qui a justifié son classement en parc national. Il s’agit bien sûr de son patrimoine naturel : éléments du milieu physique (sites géologiques, avens…), habitats naturels tels que vieilles forêts, zones humides, ou les quelques milliers d’espèces végétales ou animales qui font la richesse de ce parc. Mais également de son patrimoine culturel à la fois matériel (patrimoine bâti, petit patrimoine rural) et immatériel (savoir-faire locaux, mémoire orale…), patrimoine exceptionnel à l’origine de la création de ce parc particulier en tant que premier parc habité.
La première des actions consiste à connaître ce patrimoine et donc à en faire l’inventaire. C’est une des tâches essentielles de l’équipe du Parc national, chargés de missions et agents de terrain. Mais le Parc national n’est pas le seul à agir dans ce domaine. Un important réseau d’organismes intervient déjà dans ce domaine et sur ce territoire. Pour n’en citer que quelques-uns, ce sont les organismes scientifiques spécialisés (CNRS, universités…), la Direction régionale des affaires culturelles, des établissements publics divers comme l’ONF, l’ONCFS, l’Onema, les collectivités locales, les associations naturalistes, les spéléologues, les associations de sauvegarde ou de conservation de sites…. Ce sont des acteurs particulièrement compétents et des auxiliaires indispensables. Ils déploient beaucoup d’énergie pour mieux connaître et conserver ces divers patrimoines qui les passionnent. Le Parc national agit donc en étroit partenariat et synergie avec tous ces acteurs.
C’est sur tout le territoire et en toutes saisons, notamment en ce qui concerne le patrimoine naturel, que des observateurs procèdent à ces différents et multiples inventaires : relevés de terrain, enquêtes diverses auprès des habitants.
La connaissance amassée à la faveur de ce travail ne doit pas rester cachée mais être portée à la connaissance de tous. C’est tout le travail de publication avec de serres en valats, la revue Cévennes, les documents nécessaires à la charte du parc national, l’édition d’ouvrages spécialisés (comme par exemple celui sur l’architecture ou celui tout récent, sur les camisards), la production de documents vidéos ou la contribution à des émissions dans les médias, les articles divers dans des revues ou diffusés dans la presse régionale… C’est également le travail des centres d’informations et d’accueil du public, du centre de documentation de Génolhac. Cette connaissance est enfin diffusée au public par le biais des animations réalisées par le Parc national et ses partenaires, telles que le Festival nature.
En savoir plus : www.cevennes-parcnational.fr
Frantz Hopkins
Chargé de mission Botanique
Parc national des Cévennes
« Tout au long de l’année, il est possible de voir sur ce territoire, des agents, des chercheurs, observateurs divers qui prospectent pour collecter cette connaissance indispensable à la conservation de ces différents patrimoines.
Ce seront des agents du Parc national, équipés de matériel optique tels que jumelles pour observer les oiseaux ou, à l’opposé, munis de loupes pour voir jusqu’au plus petit et identifier insectes et plantes. De nombreux inventaires font appel à des compétences éprouvées. C’est le cas notamment des travaux sur des espèces particulièrement délicates à déterminer : invertébrés, graminées… Espèces qui servent souvent à la caractérisation d’habitats à forte valeur patrimoniale. Pour d’autres inventaires, le recours à des matériels sophistiqués peut être nécessaire : appareils pour détecter les ultrasons pour étudier les chauves-souris, instruments de mesures pour les milieux aquatiques (mesure de la qualité de l’eau, qualité physico-chimique de l’eau des lavognes, outils de prélèvement pur l’inventaire des macro-invertébrés aquatiques…) .
Ce seront encore d’autres personnes chargées d’inventaires dans le domaine des sciences de l’homme et de la société : chercheurs spécialisés, étudiants… qui viendront enquêter auprès des habitants pour mieux appréhender les activités, les usages et savoirs locaux, bref mieux comprendre ce pays, ses populations, leur histoire et leurs activités. »
La première impression quand on se promène, surtout si on ne pense qu’aux grand animaux, c’est qu’il n’y a pas grand chose à voir !
Pourtant si on veut y regarder de plus près et qu’on se penche un peu, ça grouille. Il y a près de 2 500 espèces d’animaux dans les Cévennes, et autant d’espèces végétales sans compter les mousses et les lichens. Et les inventaires sont très incomplets. Alors où sont-elles, toutes ces bestioles ?
Alors, il suffit des se pencher un peu, de se mettre à la bonne hauteur (celle des enfant justement). Il peut suffire de soulever une pierre, un morceau d’écorce, de faire bouger une branche de buisson et, tout de suite, ça court…, ça s’envole…, ça se défile à toute vitesse ou du moins, aussi vite que possible (faut pas oublier, les escargots, les « sans-pattes » qui se tortillent comme ils peuvent et bien sûr,… les engourdis) Ou bien, au contraire : ça se fige, ça ne bouge plus, ça fait faux-mec… Il suffit de faire l’essai sur une lavogne, sur un châtaignier, de jeter un œil dans les trous d’un mur de bancel… C’est déjà tout un monde !
Si on est un peu plus grand, on peut prendre un cadre d’un mètre carré, le poser n’importe où et essayer de compter tout ce qu’on y trouve : des différentes sortes de petits cailloux, des plantes ou des animaux ? L’inventaire complet est impossible !
Alors l’inventaire complet du patrimoine naturel (pour ne parler que de lui) du Parc national des Cévennes ? Ce n’est pas encore pour demain !
Midi Libre - édition Lozère - 4 novembre 2011