Parc national des Cévennes
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Les milieux rocheux et souterrains

Les milieux rocheux

Apparemment nus, les milieux rocheux – falaises, éboulis, chaos, dalles et débris rocheux - accueillent pourtant des plantes qui résistent à des conditions extrêmes : brûlures du soleil, morsures du froid et du gel, assaut des vents violents, sécheresse, éboulements et autres glissements de terrain provoqués par l’alternance du gel et du dégel. 
Abîme de Bramabiau, Yannick MANCHE, Pnc ©
Vue des gorges de la Jonte, Yannick MANCHE, PnC ©
Corniche du causse entre le Valat et celui de l'Estelio, Yannick MANCHE, PnC ©

La flore parvient à s’adapter à monde inhospitalier quasiment dépourvu de sol. Cyanobactéries, algues, lichens et mousses s’installent. Ces derniers se fixent directement sur la roche. Dotés d’une faculté qui leur est propre, ils supportent la dessiccation quasi-totale en mettant en veille leurs fonctions vitales. Dès le retour de l’eau, ils se réhydratent et réamorcent leurs activités physiologiques.

Dans les fissures des rochers, s’accumulent un peu de terre et d’humidité. Pourvues de vaisseaux, les plantes vasculaires, comme les fougères et les plantes à fleurs, trouvent l’eau nécessaire à l’alimentation de leurs tissus cellulaires. Elles s’adaptent pour économiser leurs réserves en eau : port compact, feuilles de taille réduite, couche de poils ou de cire.

Les plantes grasses, telles que les orpins et les joubarbes, ont développé une double stratégie : d’une part, elles stockent l’eau dans leurs feuilles charnues, d’autre part, elles réduisent leur activité en opérant les échanges de gaz la nuit, en ambiance plus fraîche. La faune qui abrite ces milieux rocheux est très diversifiée : oiseaux, reptiles, insectes, papillons, mammifères… 

 

Les milieux souterrains

Malgré d'abondantes précipitations, aucune rivière ne circule sur les causses L'eau s'infiltre et élargit les fissures de la roche en profondeur, créant des réseaux souterrains complexes qui communiquent avec le plateau par des avens (gouffres). Il s'agit du karst, un paysage façonné par la dissolution des calcaires par l'eau.
Aven de la Barelle, Yannick MANCHE, PnC ©
Baume de la Dolente, Yannick MANCHE, PnC ©
Draperie de la grotte de Dargilan, Yann TOUTAIN, PnC ©

Riche d'un réseau souterrain de centaines de grotte connues, le causse Méjean reste encore à découvrir (on considère que seulement 1% du milieu souterrain est pénétrable), que se soit les grottes accessibles par l'homme ou le réseau de rivières souterraines qui alimentent largement les rivières Tarn et Jonte.

On considère le milieu souterrain karstique comme constitué de vides pénétrables par l’homme (grottes, gouffres, parcourus ou non par de l’eau souterraine), associés à des vides de beaucoup plus petites dimensions susceptibles de laisser circuler l’eau, l’air et les animaux inféodés à ce milieu.

Le territoire abrite des sites magnifiques - aven Armand, grotte de Dargiland, abîme de Bramabiau - aménagés pour l'accueil du public. D'autres sites ne sont accessibles que par les pratiquants de spéléologie ou avec les propriétaires, comme la grotte de Malaval, exceptionnelle pour la diversité de formes, natures et couleurs de ses concrétions, ou la grotte Amélineau, avec ses milliers de longues fistuleuses.

Mis à part les chauves-souris (chiroptères) qui peuplent les entrées, la faune est rare. Le monde souterrain ne possède que peu de vie car la lumière n'y pénètre pas. Les rares êtres vivants sont de petite taille : il 'agit surtout d'insectes et de crustacés.

Le milieu souterrain est un milieu "conservateur", en raison de la constance des paramètres climatiques. Il conserve sans doute indéfiniment aussi bien des vestiges de périodes reculées (art pariétal, phosphorites, ours des cavernes...)  que des traces de l'homme moderne : déchets, dégradations, graffitis... Le milieu souterrain devrait être considéré comme un musée du temps.

La conservation du milieu souterrain est intimement liée à l'activité en surface. Les travaux de déboisements ou de génie civil (imperméabilisation, destruction de la couverture sédimentaire...) modifient les conditions environnementales qui règnent à la surface du karst, et, de ce fait, peuvent avoir des conséquences importantes en profondeur, sur le débit et la chimie des eaux d'infiltration, les teneurs en gaz carbonique et les variations de température. Ces paramètres influent directement sur la conservation de ce patrimoine, par exemple, en favorisant la dissolution de la roche et des concrétions, ou, au contraire, la précipitation de carbonates.