Parc national des Cévennes
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Les milieux ouverts et semi-ouverts

Les milieux herbacés

Les paysages herbacés témoignent de la présence séculaire des troupeaux domestiques, locaux ou transhumants. Morcelés ou de grande étendue, ces milieux dits « ouverts » sont remarquables pour leur faune et leur flore. Ils dépendent de pratiques agricoles adaptées, comme le pâturage et la fauche.
Paysage causse Méjean, Arnaud BOUISSOU / Terra ministère de l'environnement
Paysage mont Lozère, Arnaud BOUISSOU / Terra ministère de l'environnement
Paysage vers l'Hermet sur le Bougès, Grégoire GUY, PnC ©

Les milieux herbacés, mosaïques de pelouses et de prairies, présentent une très grande diversité selon la nature de la roche et du sol, et selon l’altitude :

  • pelouses et prairies sèches à demi-sèches (causses et cans…)
  • pelouses sèches sur sol siliceux (mont Lozère, Lingas, Aigoual…)
  • prairies et pelouses fraîches à humides (vallées méridionales…)
Les pelouses 

Les pelouses sont rarement supérieures à 50 cm de hauteur et se développent sur des sols peu fertiles, minces, pauvres ou secs, dont la productivité limitée ne permet qu’une exploitation par le pâturage extensif. Les graminées typiques des pelouses vivaces sont les fétuques, les agrostides, le nard, la seslérie bleue ou encore le stipe penné. 

Les prairies

Les prairies sont plus hautes et plus denses. Certaines herbes atteignent parfois 1,80 m. Elles occupent des zones fertiles à sol généralement profond. Fauchées au moins une fois par an, puis pâturées lors du regain à l’automne, elles produisent le foin nécessaire à l’alimentation des troupeaux pendant l’hiver. Les espèces caractéristiques sont le fromental, l’avoine dorée, le dactyle aggloméré, la fétuque élevée et le brome érigé.

Des milieux en régression

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la superficie des pelouses et des prairies régresse, du fait de l’évolution et de la modernisation des pratiques agricoles et pastorales. Les parcelles les plus fertiles et les plus accessibles sont intensifiées, et donc moins riches en espèces. Les moins productives sont de plus en plus délaissées. Les pâturages qui ne sont plus soumis à la dent du mouton s’embroussaillent. Ainsi, les pelouses de la partie nue du causse Méjean (23 000 ha) occupaient 18 000 ha vers 1950 et seulement 10 800 ha en 2000. 

 

Les milieux buissonnants

Les landes, les garrigues et les maquis… sont composés d’arbrisseaux ou d’arbustes. En période de floraison, ils colorent les montagnes de jaune, de rose et de pourpre. Ces milieux constituent des stades de transition entre les milieux herbacés « ouverts » et les milieux forestiers « fermés ». Ils sont abondants dans le Parc national.
Hêtraie et landes au dessus de Massevaques, Jean-pierre MALAFOSSE, PnC ©
Landes à genêt purgatif, Alain LAGRAVE, PnC ©
Près de narcisse à proximité de l'Hermet, Michelle SABATIER, PnC ©
Matorrals, landes et fruticées

D’origine espagnole, le mot "matorral" désigne des buissons dominés par des arbrisseaux et des arbustes à feuillage persistant, et situés aux étages méditerranéens. En dehors de ces zones, on parle de landes et de fruticées : les premières sont dominées par des arbrisseaux et les secondes par des arbustes.

Buis et genévriers sur les causses et les cans

Le chêne vert, la filaire à larges feuilles et le pistachier térébinthe sont typiques des basses Cévennes calcaires. Plus haut, dans les zones sèches, c’est le règne des fruticées à buis, genévrier commun ou à amélanchier. Dans les zones fraîches, on trouve le prunellier, l’aubépine et les rosiers sauvages. Les plateaux des causses et des cans sont de plus en plus embroussaillés par le buis, le genévrier et les rosacées, notamment à cause du déclin du pâturage.

Les pentes colorées des Cévennes siliceuses

Dans les vallées cévenoles, jusqu’à 700 m d’altitude, cistacées (cistes…), fabacées (genêts…), éricacées (bruyère cendrée et callune), bruyère arborescente et chêne vert se partagent l’espace. Plus haut, ce sont des buissons et des lisières de fougères aigle, de genêts à balai ou de ronces. La callune s’étend entre 700 m et 1 600 m, tout comme la myrtille dans les secteurs plus froids. Le genêt purgatif se déploie entre 650 m et 1 450 m d’altitude. 

Le nécessaire maintien des activités pastorales

Ces milieux buissonnants occupent en surface un quart du mont Lozère, un cinquième des vallées cévenoles et du causse Méjean, et un sixième de l’Aigoual.  La plupart des formations buissonnantes sont dites               « secondaires », c’est-à-dire liées à l’intervention de l’homme et des troupeaux. Leur préservation nécessite le maintien d’activités pastorales, comme le pâturage, le brûlage dirigé ou écobuage, le gyrobroyage ou encore la coupe d’arbustes.