Parc national des Cévennes
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Les forêts

Forêt sur le mont Lozère © Olivier Prohin - PnC
Forêt sur le mont Lozère © Olivier Prohin - PnC
Le Parc national des Cévennes est le seul grand parc national forestier de métropole. La forêt occupe 70 % du territoire. Elle est constituée pour 60 % de feuillus et pour 40 % de résineux. Elle ne cesse de s’étendre au détriment des milieux herbacés délaissés par le pâturage. Son aspect varie grandement en fonction de son histoire, des roches et des espaces qu'elle occupe.

Les forêts du Parc national sont pour la plupart relativement jeunes : seulement 20 % étaient déjà en place vers 1850. Surexploitées pendant des siècles pour les besoins en chauffage, charbon,  verrerie et bois d'oeuvre, elles étaient réduites à quelques lambeaux dispersés sur le territoire à la fin du XIXe siècle. Les pelouses étaient généralement surpâturées par les troupeaux locaux et transhumants. Ainsi mis à nu, le sol était emporté par les pluies cévenoles. Les crues violentes des rivières causaient régulièrement des dégâts catastrophiques dans les vallées. Certains forestiers ont alors proposé de reconstituer les sols et la végétation des montagnes. Le pâturage a été interdit sur les parcours les plus accidentés. 

Le reboisement de l’Aigoual

Sur l’Aigoual, l’État a engagé des travaux de restauration des terrains de montagne. Les forestiers ont recherché des essences de reboisement adaptées à des terres dénudées. Ils ont alors expérimenté et planté, souvent près des maisons forestières, des arbres venus du monde entier. Aujourd’hui, certains de ces arboreta ouverts au public témoignent de cette épopée forestière. Celle-ci a d’abord visé à reboiser les zones en pente, particulièrement sensibles à l’érosion. Puis, elle s’est étendue à tous les types de terre, des pentes plus douces aux plateaux et aux bas-fonds humides, ainsi qu’à des milieux tourbeux.

Acquisition et aménagement de forêts par l’Etat

L’État a également acquis de nombreuses propriétés sur l’Aigoual pour conduire une oeuvre monumentale de reforestation, auquel le nom du forestier Georges Fabre demeure attaché. Ouvrir les sentiers et les pistes, construire des seuils dans les ravins, créer des arboreta, reboiser de vastes surfaces : autant de travaux qui ont occupé les populations locales. Deux millions de francs-or ont été dépensés en salaires entre 1875 et 1908. Le sapin et le hêtre ont constitué les essences de base de la forêt ; les essences pionnières ont boisé les terrains nus. Aujourd’hui, plus de 15 000 ha constituent les forêts domaniales de l’Aigoual.

Des  reforestations sur les autres massifs

Le mont Lozère, les Cévennes, les Causses et les gorges du Tarn ont également fait l’objet de reforestation. Le pin noir est la principale essence du reboisement sur les Causses et dans les gorges du Tarn. L’épicéa et le sapin de Douglas ont eux été utilisés dans les vallées cévenoles.

Un patrimoine à préserver

L’évolution de la forêt a favorisé le retour ou l’installation de diverses espèces animales et végétales. C'est le cas du pic noir, dont la présence est aujourd’hui régulière, ou de la chouette de Tengmalm, dont plusieurs noyaux de population ont pu être observés.

Des lieux accueillants pour certains animaux

Plusieurs espèces de rapaces emblématiques, notamment l'aigle royal et le circaète Jean-le-Blanc, trouvent en forêt les conditions idéales pour installer leur nid et assurer leur reproduction.  Les forêts âgées sont extrêmement favorables à plusieurs espèces d'insectes qui se nourrissent du bois mort : la belle Rosalie alpine, l’osmoderme, le grand capricorne ou le cerf volant.

Osmoderme ® Jean-Pierre Malfosse
Circaète Jean-le-Blanc © Regis Descamps
Chouette de Tengmalm © Regis Descamps

Quelques plantes emblématiques des forêts du Parc

  • L’arabette des Cévennes (Arabis cebennensis) est une espèce rare présente dans les herbiers des bords de ruisseaux forestiers.
  • Le botryche à feuille de matricaire (Botrychium matricariifolium) est une belle et discrète fougère des sous bois.
  • La gagée jaune (Gagea lutea) vient fleurir les bois de hêtre dès le début du printemps.
  • La buxbaumie verte (Buxbaumia viridis), petite mousse protégée au niveau européen, pousse sur le bois en décomposition.
Buxbaumie verte © Bruno Descaves
Arabette des Cévennes © Emeric Sulmont
Gagée jaune © Bruno Descaves