Parc national des Cévennes
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Le patrimoine industriel et minier

Ancien site industriel du Bocard à Vialas © Cécile Coustès
Ancien site industriel du Bocard à Vialas © Cécile Coustès
Inattendus dans un espace naturel protégé, les vestiges du passé industriel et minier sont pourtant bien présents dans le Parc national. Un héritage parfois lourd à assumer, mais porteur d’une mémoire et d’un patrimoine au cœur d’enjeux de conservation et de valorisation.

Magnaneries et filatures

La sériciculture française nait en Cévennes à la fin du XIIIe siècle, mais ce n’est qu’au XVIIIe siècle que la production de soie prend son essor. Pendant deux siècles, cette activité donne naissance à un patrimoine et à des paysages marqués notamment par la culture de mûriers (nourriture du ver à soie) et la construction des magnaneries (bâtiment dédié à l’élevage).

Les magnaneries, bâtiments indépendants ou extensions d’une habitation apportent un caractère particulier à l’architecture paysanne cévenole par leur volume et leur verticalité. Certaines font aujourd’hui l’objet de circuits de découvertes (Empreintes de soie) ou de visites guidées (Magnanerie de La Roque). 

Plus imposantes, les anciennes filatures sont également très remarquables de nos jours : filature du Mazel à Notre-Dame-de-la-Rouvière abritant un collectif d’artistes, ou encore Maison rouge à Saint- Jean-du-Gard, restaurée très récemment pour  accueillir le nouveau musée des Vallées cévenoles.

Magnanerie dans la vallée Borgne © Olivier Prohin
Cocons © Eddie Balaye
Emmanuel Zuber, spéléologue, dans les mines de Vialas © Michel Bouthors

L’héritage minier

La tradition minière est ancienne en Cévennes. Des travaux d’extraction de fer (à Portes) et d’argent (à Vialas) sont connus dès l’époque gauloise. Au Moyen-Age, de nombreux filons de galène argentifère autour du mont Lozère font la richesse des évêques de Mende, aussi bien que des seigneurs de Sauve-Anduze en région viganaise. La première mention d’extraction de houille près d’Alès remonte au XIIIe siècle

Le développement des mines change radicalement d’échelle à la fin du XVIIIe siècle. Près de 2 000 puits ou galeries sont creusés avant 1914 mais les petits gisements s’épuisent vite et l’activité se concentre sur les secteurs les plus riches. Les travaux sont gigantesques : près de 10 km de galeries à Vialas ou au Bleymard, une centaine aux Malines (Montdardier et St Laurent-le-Minier), plusieurs milliers pour le charbon du triangle noir Alès-Bessèges-La Grand-Combe.

Actuellement, seule une faible partie de ces mines demeure accessible quand elles ne sont pas effondrées, noyées ou refermées pour raison de sécurité. Seuls quelques spéléologues et archéologues spécialisés s’intéressent à ces réseaux souvent difficiles et parfois dangereux. En revanche, quelques éléments patrimoniaux sont encore bien visibles dans le paysage tels que les plans inclinés et tours de surveillance, les voies de chemin de fer…  

Le site industriel du Bocard à Vialas (mines de plomb argentifère) offre l’exemple le plus spectaculaire et l’un des mieux préservés dans le Parc national.

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