Parc national des Cévennes
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Fougères, mousses, lichens et champignons

Fougères, mousses, lichens et champignons sont appelés « cryptogames », c'est-à-dire plantes à fécondation ou mariage "caché", et s’opposent aux plantes à fleurs à mariage ou fécondation "visible" , appelées phanérogames. En réalité, les champignons constituent un règne à part,  les "fungi" au même titre que les animaux et les végétaux.

Fougères

Alosore crepu (cryptogamma crispa), Emeric SULMONT, PnC ©
Dryoptéris d'Ardèche, (dryopteris ardechensis), Emeric SULMONT, PnC ©
Isoétes durieu (isoete duriei), Emeric SULMONT, PnC ©

Soixante des 114 espèces de fougères françaises ont été répertoriées dans le Parc national. Certaines espèces très méditerranéennes, comme l’isoetes de Durieu, ou beaucoup plus montagnardes, comme l’allosore crispé, sont bien connues. Il existe également une fougère endémique des Cévennes, la fougère de l’Ardèche (Dryopteris ardechensis), présente sur le pied des barres rocheuses de schiste du versant méditerranéen depuis St-Etienne-Vallée-Française en Lozère jusqu'à Labeaume en Ardèche.

Mousses

De gauche à droite, haut puis bas, Sphagnum subsecundum, Sphagnum squarrosum Ossingaraya, Sphagnum magellanicum + capillifolium, Sphagnum fuscum, Emeric SULMONT, PnC ©
Ptilium crista castrensis, Emeric SULMONT, PnC ©
Frullania fragilofolia, Emeric SULMONT, PnC ©

Plus de 730 espèces de mousses (ou bryophytes) sont recensées dans le Parc national, ce qui correspond à plus de la moitié des 1 300 espèces identifiées en France métropolitaine.
Toutes les mousses ne sont pas vertes ! Ainsi,  les sphaignes sont de couleur verte, jaune, ocre, brune, rouge ou violacée.  Il s'agit d'un genre de mousses typiques des tourbières, capables d'emmagasiner près de 50 fois leur poids en eau !  Elles jouent donc un rôle très important dans la régulation du débit des cours d'eau en limitant les effets d'une crue comme d'une sècheresse. Vingt-six espèces sur les trente-cinq connues en France sont présentes dans le Parc national. Le mont Lozère à lui seul en héberge 24 et le massif de l'Aigoual 18.

Les mousses n'ont pas de vaisseaux conducteurs de sève comme les fougères, les arbres ou les autres plantes à fleur. Elles absorbent l'eau et les nutriments uniquement grâce à la force de capillarité, ce qui explique qu'elles ne dépassent guère 10 cm de hauteur. La mousse plume d'Autruche est l'une des espèces les plus gracieuses des forêts résineuses de montagne; elle est très rare en Cévennes et à peine plus fréquente sur les autres massifs montagneux (Alpes, Pyrénées, Vosges).

Les hépatiques sont un groupe de mousses qui, entre autres particularités,produisent des huiles essentielles aux odeurs très particulières, comme le bonbon à la sève de pin, lze lagirolle, la coriandre, le poisson ou encore la carotte ! La frullanie à feuilles fragiles pousse sur des écorces ou des parois rocheuses dans les forêts anciennes : pour la reconnaître, il suffit de la frotter avec son doigt et de sentir... Une odeur caractéristique de carotte fraîchement râpée s'en dégage !

Lichens

Cetraria islandica, Emeric SULMONT, PnC ©
Lichen écriture (graphis), Yves MACCAGNO, PnC ©
Lobaria pulmonaria, Bruno DESCAVES, PnC ©

Les différents inventaires de lichens qui ont eu lieu dans le Parc national depuis une vingtaine d’années n'ont pas fait l'objet d'une compilation. Il est donc difficile d’avancer un nombre précis de lichens sur le territoire. Sans doute, peut-on parler de plus de 1 000 espèces (pour plus de 3000 en France).

L’effort du Parc national pour progresser dans la connaissance des lichens s’est surtout concentré ces dernières années sur les espèces indicatrices de continuité écologique, notamment les espèces indicatrices de continuité d’état boisé comme le lichen pulmonaire (Lobaria pulmonaria), espèce médicinale bien présente dans les forêts anciennes. Il existe aussi sur les crêtes ventées du mont Lozère une relique glaciaire : le lichen des Islandais (Cetraria islandica), espèce comestible utilisée par les Lapons en tant que plante médicinale et complément alimentaire.

Champignons

Hydne hérisson, (hericium erinaceum), Emeric SULMEONT, PnC ©
Polypore du pin mathieu, Emeric SULMONT PnC ©
Pulcherricium caeruleum, Emeric SULMONT PnC ©

Pour ce qui concerne les champignons, le nombre d’espèces présentes en Cévennes n’est pas connu. Il y en a probablement plusieurs milliers (pour près de 20 000 espèces connues en France). Plusieurs inventaires ont déjà eu lieu, principalement dans les forêts anciennes où l’on peut rencontrer sur l’écorce des vieux chênes le rare Hericium en forme de hérisson. Sur les pelouses rocailleuses, l’étrange "étoile de terre"ou géastre, espèce proche de la vesse de loup, attire les regards, et dans les bois, se décomposant dans la litière de la châtaigneraie, on peut rencontrer un champignon encroûtant d’un magnifique bleu nuit…