On trouve le daphné bois-joli (Daphne mezereum) en Cévennes, principalement à l’étage montagnard (au-delà de 900 m), en bord de cours d’eau, dans les haies ou dans les hêtraies-sapinières sur sol profond et bien alimenté en eau.
Il descend parfois à plus basse altitude le long du Tarn, de la Mimente ou du Tarnon.

Les fleurs donnent au cours de l’été des baies d’un rouge appétissant mais il faudra se garder de les consommer, la plante est très toxique dans toutes ses parties.

Comme son cousin le daphné garou (Daphne gnidium) ou saint-Bois, cette plante avait autrefois de nombreuses utilisations médicinales. Compte tenu de sa toxicité, il était cependant préférable d’en limiter l’usage aux parties externes du corps comme rubéfiant (anti-irritant qui soulage la douleur) mais malheureusement vésicant (qui provoque des vésicules sur la peau…). Il était plus sûr à l’époque de s’en servir d’appât pour le poisson ou le loup !

Les fibres de sa tige sont assez souples et solides pour tresser des chapeaux tandis que les baies ont servi à faire une peinture rouge et l’écorce une teinture jaune pour la laine.

Son nom rappelle une nymphe de la mythologie grecque : Daphné. Son père, le Dieu fleuve la transforma à sa demande en laurier rose (Rhododaphné) pour qu’elle puisse échapper à la fougue amoureuse d’Apollon…