Photo de rivière en étiage.
Naissance d'un ruisseau dans les arènes et blocs granitiques du mont Lozère, vers la ferme de Pierre Froide
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Sur le secteur d'étude du BVRE, la saison hydrologique est ponctuée de deux périodes de basses eaux, l'une en hiver (février-mars) et l'autre plus marquée en été (juin à septembre).
Influence du couvert végétal sur les étiages
En ce qui concerne l'influence du couvert végétal, voici les principaux résultats des travaux publiés par MARTIN, DIDON-LESCOT et COSANDEY, 2003 [35].
Les terrains sous forêt (épicéas ou hêtres) perdent plus d'eau par évapotranspiration que ceux sous pelouse (environ 50 % de plus). Du fait d'un système racinaire plus profond qui permet une période végétative plus longue, les couverts boisés consomment encore de l'eau en période de sécheresse estivale déjà avancée. On peut donc s'attendre à un meilleur soutien des débits d'étiage dans les zones en pelouse que dans les zones boisées.
La lame d'eau écoulée annuelle moyenne est du reste plus forte pour le bassin versant des Cloutasses (pelouse) que pour ceux de la Latte et de la Sapine (respectivement couverts d'épicéas et de hêtres).
Lame d'eau écoulée annuelle moyenne pour les trois bassins versants (MARTIN, DIDON-LESCOT et COSANDEY, 2003). [35]
Influence de la coupe à blanc sur les débits d'étiage
La coupe à blanc d'un peuplement d'épicéas (entre 1987 et 1989) a provoqué un accroissement des écoulements annuels estimé à 5,5 % (comparaison avec la Sapine) ou à 10 % (comparaison avec les Cloutasses) sur la période 1987 - juin 2002. [35]
Il semble par ailleurs que cet accroissement de l'écoulement ait lieu principalement lors de conditions hydrologiques « moyennes » et que les conditions hydrologiques « extrêmes » (crues et étiages) ne soient pas affectées par la coupe à blanc.
Influence des tourbières sur les débits d'étiage
Les recherches menées sur la tourbière des Sagnes entre octobre 1999 et décembre 2002, n'ont pas confirmé le rôle positif sur le soutien des débits d'étiage que beaucoup d'auteurs attribuent aux tourbières. Néanmoins le type de tourbière (de fond de dépression) ainsi que les régimes climatiques (très favorables aux variations de niveaux des eaux au cours de l'année) sont des particularités propres au Mont Lozère. [47]
Évolution climatique, des étiages plus précoces et sévères sont à craindre
Le radoucissement climatique observé principalement au printemps et en hiver a pour effet une diminution du manteau neigeux et un démarrage de la végétation plus précoce. Les réserves en eau disponibles au printemps sont donc plus faibles et plus vite mobilisées par la végétation au printemps, il est donc à craindre que l'impact sur le bilan hydrologique annuel se fasse sentir au cours des étiages estivaux.
Voir aussi la fiche changement climatique (thème eau et climat).
La situation de sécheresse exceptionnelle au Mont-Lozère au cours de l'été 2003 a fait l'objet d'un rapport. De mai à septembre 2003, le Mont-Lozère a connu des températures très élevées, une forte insolation et de faibles précipitations. Ces trois paramètres ont atteint des niveaux qui n'avaient jamais été observés depuis la création des BVRE du Mont-Lozère. Les aquifères étant fortement sollicités par l'évaporation et les précipitations étant insuffisantes pour assurer le renouvellement des réserves, les cours d'eau ont connu un étiage estival particulièrement long et sévère. [96]
Étiages et vie aquatique
Les périodes d'étiage sont des périodes critiques pour les milieux aquatiques de tête de bassin versant du fait de l'augmentation de la température de l'eau, d'une part, et de la diminution du niveau d'eau, d'autre part. Les effets de ces variations sont d'autant plus marqués que la flore et la faune des secteurs apicaux apprécient les eaux froides et bien oxygénées.
En 2003, un assèchement partiel de la partie amont de l'Alignon (dans le secteur des Cloutasses) et de la Goudesche (près de la station de la Cépède) a certainement eu des conséquences dommageables sur la faune aquatique et en particulier pour les truites. [96]
Niveaux mesurés aux échelles limnimétriques, en cm lors de l'étiage 2003. Source : DIDON-LESCOT et MARTIN, 2001. Power point Changements climatiques en Cévennes (sans annexes).
Étiages et alimentation en eau potable
Sur le Mont Lozère, les granites peu altérés n'offrent pas d'aquifères de grande capacité. De ce fait, les sources sont sujettes à un tarissement estival. La période estivale étant une période d'afflux touristique, le pic annuel de demande en eau potable se situe lorsque la ressource est minimale.
Dans ce contexte, la recherche de nouvelles sources d'approvisionnement est une préoccupation forte dans la zone où se mobilisent élus, chercheurs, ONEMA, Parc national des Cévennes, DDAF, Météo-France. Le choix de tout nouveau captage de source doit satisfaire à des contraintes de quantité et de qualité de la ressource, de respect de la loi sur l'eau (maintien d'un débit dans les rivières) et de préservation des zones humides.
Un exemple d'étude hydrologique du Haut bassin du Coulet (MARTIN, 2004) est disponible au téléchargement. [97]
Bibliographie
[35] : MARTIN C., DIDON-LESCOT J.F. et COSANDEY C. (2003) - Le fonctionnement hydrologique des petits bassins versants granitiques du Mont-Lozère : influence du couvert végétal sur les crues et les étiages. Ét. Géogr. Phys., n° XXX, p. 3-25. télécharger (540ko)
[47] : MARTIN C. et DIDON-LESCOT J.F. (2007) - Influence d'une tourbière de moyenne montagne sur les écoulements : le cas de la tourbière des Sagnes sur le Mont-Lozère. Ét. Géogr. Phys., n° XXXIV, p. 27-41. télécharger (380ko)
[96] : DIDON-LESCOT J.F. et MARTIN C. (2004) - La situation de sécheresse exceptionnelle au Mont-Lozère au cours de l'été 2003. Rapport au Parc national des Cévennes, 7 p. télécharger (46ko)
[97] : MARTIN C., avec la collaboration de BORREL M., SANDON M., BAFFIE Ph., LE BARON M., ARGOUD Ph., RIVAL A. DUGUÉPÉROUX F. DIDON-LESCOT J.F. (2004) - Compte rendu actualisé sur le fonctionnement hydrologique du haut bassin du Coulet. Note à l'attention du Parc national des Cévennes, novembre 2004, 12 p. télécharger (390ko)
